Les sombres prévisions de Toyota

Le numéro un mondial de l’automobile prévoit désormais une perte opérationnelle pour son exercice 2008-2009. La hausse du yen face au dollar et la conjoncture pèsent sur ses comptes.

La crise touche même les meilleurs. Toyota, qui était devenu ces dernières années le leader de l’industrie automobile mondiale à égalité avec General Motors, l’apprend à ses dépens.

Pour l’année fiscale 2008-2009 qui se terminera à la fin mars, son PDG, Katsuaki Watanabe, vient d’annoncer qu’il prévoyait désormais une perte d’exploitation de 150 milliards de yens (1,22 milliard d’euros).

Si, au 31 mars, sa prévision s’avère exacte, le fait de passer dans le rouge sur l’opérationnel sera une première pour le groupe japonais depuis 1940.

« L’environnement qui nous entoure est de plus en plus difficile. C’est une situation d’urgence sans précédent»,

A déclaré Katsuaki Watanabe. Le groupe a toutefois indiqué que son bénéfice net devrait rester positif, même si il sera divisé par plus de dix. Il devrait être de 50 milliards de yens , au lieu des 550 milliards prévus encore fin octobre


La hausse du yen affecte les résultats

Il faut dire que le retournement a été brutal pour le groupe modèle du secteur: auparavant, il prévoyait un bénéfice d’exploitation de 600 milliards de yens. Mais depuis la crise financière en septembre, les crédits sont devenus plus chers, et les particuliers américains et européens, face à la montée du chômage, reportent leurs achats par crainte pour leur avenir. Et malgré leur bon positionnement en termes de consommation, les modèles des constructeurs nippons ne peuvent pas grand-chose face au recul de leurs marchés principaux – Europe et Etats-Unis – qui avoisonnent les 25%.

En outre, les constructeurs du pays, en plus d’être pénalisés par la faiblesse conjoncturelle du marché automobile, subissent de plein fouet les effets de change. Le yen, qui autrefois valait près de 170 yens pour un dollar, est désormais clairement repassé au dessous des 90 yens pour un dollar. Une force retrouvée de la monnaie nippone qui n’enchante pas les exportateurs, au premier rang desquels on trouve notamment les géants de l’automobile tels que Honda, Toyota ou encore Nissan.

L’annonce a en tout cas affecté une fois de plus les valeurs du secteur sur toutes les places boursières mondiales. Volkswagen, désormais jugée survalorisée par rapport à ses concurrents, perdait près de 7% à Francfort. A Paris, Renault perdait 1.45% et Peugeot 2.53%.

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