En visite EXCEPTIONNELLE dans l’antre confidentiel de Michelin

 

C’est à une visite tout à fait ‘’ EXCEPTIONNELLE ‘’  des ateliers de fabrication des pneumatiques de compétitions que la Maison Michelin  nous a conviés en compagnie de quelques confrères, afin d’accompagner les pilotes du Team Peugeot !!!

Une visite ‘’ RARE ‘’ non  pire : ‘’ RARISSIME ‘’ !!!

Pénétrer dans l’antre ‘’ ultra secret ‘’ de Clermont Ferrand n’est franchement pas chose courante…

Nous avons donc été invités à découvrir la chaîne de fabrication des pneumatiques « compétitions ». Une visite véritablement passionnante. Nous en avons pris ‘’ Plein ‘’ les mirettes, tant cette visite nous a réservée son lot de …. Surprises !

Première étape. Mardi soir, direction le célèbre stade Marcel Michelin ‘’antre’’ du club Michelin ‘’ l’ASM Clermont-Auvergne’’, actuellement cinquième du Championnat de France ‘’Top 14’’ et situé à coté du service Compétition de Michelin. Dans les somptueux salons de l’enceinte clermontoise, lesquels donnent directement sur le stade, une soirée conviviale nous attend.

Nous y retrouvons tout le Staff Peugeot : Michel Barge – Serge Saulnier – Bruno Famin. Et également bien évidemment, tous les responsables du service-compétition Michelin
Et bien sur, tous les pilotes Peugeot :

Nicolas Minassian, Franck Montagny, Stéphane Sarrazin, Alexander Wurz, Marc Gené et Pedro Lamy.

Mercredi matin, rendez-vous à l’usine de production de Cataroux où se fabriquent  tous les pneumatiques destinés à la compétition (autos-motos) ou nous sommes évidemment accueillis par qui vous savez ? …. Bibendum, pardi !

 

Pour résumé, Cataroux, est un site construit dés 1920 qui s’étale sur 50 hectares, avec chose curieuse la particularité d’être situé en plein cœur de Clermont-Ferrand.  !!!!  Surprenant… 3000 personnes y travaillent, regroupés en quatre départements :

Fabrication et industrialisation  (2000 employés) répartis sur la production des pneumatiques  compétitions et le haut de gamme, sur les mélanges (600 personnes) et les fibres métalliques (250 personne).

Les trois autres secteurs étant, le pole recherche et développement  mais une cellule travaille aussi sur le site ou se trouve les pistes d’essais privé de Michelin situé à Ladoux entre Clermont et Riom. Ensuite, il y a la partie dédiée à l’information et à  l’administration. Enfin, le bureau d’études car chez Michelin, on invente, conçoit, réalise toutes les machines et l’outillage nécessaires à la fabrication de ses pneumatiques.

C’est la ou l’on se rend véritablement compte que le terme ‘’ Manufacture des pneumatiques  Michelin ‘’ prend toute sa signification !!!  Car chez Michelin, tout est ‘’ du cousu-main ‘’. Comme dans la célèbre rue Cambon à Paris ou se trouvent les fameux ateliers de la Maison Chanel !!!

 

Avant de pénétrer dans le  ‘’  Saint des Saints ‘’  Michel Renault, le patron du site de Cataroux, nous projette un film ou nous découvrons les différentes étapes de la fabrication d’un pneumatique. Un pneu ?

Figurez-vous que ce n’est pas si simple que cela, puisqu’il se compose de… 200 matériaux !  Qui l’eut cru ?

Répartis en plusieurs groupes, nous attaquons la visite. Je me retrouve avec Nicolas Minassian et Stéphane Sarrazin ainsi qu’avec Bruno Famin.

Après un passage par « l’école du pneu Michelin  », où on nous a enseignés les rudiments théoriques liés à  la conception des pneumatiques, les pilotes se sont tous essayés à la fabrication et ont posé quelques bandes de gomme. Ensuite découverte du fonctionnement de l’atelier compétition et rencontre avec les employés qui travaillent pour eux toute l’année, afin de fournir à l’ensemble des pilotes des produits de la plus grande qualité possible.

Il y a quatre grandes étapes dans la fabrication des pneumatiques :

– Préparation des produits semi-finis
– Gommes plates ou profilées
– Nappes textiles
– Nappes métalliques et tringles

-Assemblage de ces produits
– confection
– finition

-Cuisson ou vulcanisation

-Contrôle

Nous nous retrouvons pour l’atelier pratique face à la fabrication d’un pneu de Citroën 2CV , à l’Ecole du pneumatique. Après avoir chaussé les indispensables chaussures de sécurité, nous suivons avec attention les instructions de notre moniteur sur le poste d’assemblage

Une chose est évidente ce qui impressionne au prime abord c’est que tout est… manuel !  Nicolas Minassian, se lance et va écoper du surnom de ‘’Roi de la bichicote’’ du nom de l’ustensile nécessaire pour effectuer le travail. Et si la première tentative de rabattage des flancs fut comment dire, hasardeuse, la suivante fut fructueuse et concluante. Un grand bravo à Nicolas d’avoir osé car c’était franchement loin d’être évident. Tout cela pour vous dire que toutes les manipulations sur le futur pneumatique sont précises et minutieuses et qu’il nous a fallu pas loin d’une heure pour réaliser notre pneu ! Lorsque l’on vous aura avoué qu’un spécialiste Michelin met lui entre cinq et dix minutes ! Il y a du boulot avant d‘être embauché. On reviendra…

Franchement impressionnés par ce coté manuel tout à fait inattendue fabrication et de l’assemblage, nous sommes ensuite conviés à nous déplacer vers l’usine de production. Nous allons y découvrir les étapes précédant l’assemblage, l’assemblage lui-même et le post assemblage. De la fabrication des plaques de mélange, à la préparation des aciers, des textiles aux produits semi-finis, le constat est toujours le même : l’homme surveille, contrôle et n’est jamais très loin des machines!

Comme le remarquait notre confrère Anthony Mégevand « Il faut un œil d’expert pour découvrir les défauts, manipuler, couper les différents matériaux. »

Nous découvrons ensuite le poste d’assemblage. Le soin pris par l’employé est réellement impressionnant. Sa rapidité d’exécution également. Par poste, il sort quotidiennement une trentaine de pneumatiques de compétition. Un pneumatique normal, de série est produit à 2000 exemplaires en huit heures !

Renseignements pris, cette différence s’explique par le fait qu’une personne peut manipuler des matériaux difficiles qui seraient beaucoup plus compliqués à gérer par une machine automatique, les robots étant moins minutieux.

Pour la  » p’tite histoire » les gommes que nous avons vus naitre sous nos yeux étaient de futures pneumatiques destinés aux épreuves de GT.

Nous avançons dans l’usine et parvenons à l’étape de la cuisson d’un pneu. Le mot bien adapté car l’ensemble de la fabrication s’apparente incroyablement à  celle d’un plat cuisiné.  La gomme se retrouve d’abord dans le moule de cuisson qui va « imprimer » les futures sculptures après que la membrane se soit remplie de vapeur. La vulcanisation opère désormais sur les mélanges de gomme et les différents renforts, le pneu passant de l’état plastique à … élastique. Après toute sorte de contrôles qualité, dont une radioscopie, le pneumatique est enfin prêt !

La visite est donc  terminée. Pour tout dire, nous nous attendions tous à découvrir un processus de fabrication complètement automatisé. Finalement, c’est bel et bien l’homme qui est le maitre le chef d’orchestre de cette fabrication qui s’apparente à un véritable travail d’orfèvre. Comme les  » petites mains  » dans les célèbres  » Maisons de Haute couture !

En débarquant, j’imaginais la fabrication identique à celles d’autres produits. On coulait du caoutchouc dans des moules ! Et roule ma poule !  «Tu parles Charles »

On est loin, très loin du compte… Comme vous venez de le découvrir.

Chacun d’entre nous sortit de cette visite impressionné par le très haut niveau de technicité et de précision lié à la production de ces pneumatiques de compétition. De véritables petits bijoux !!!

« Jusque-là, on faisait face à un produit fini, et je n’imaginais pas toute la complexité et le savoir – faire cachés derrière les pneus pour arriver à en faire des produits au « top » qui soient les meilleurs. Là, on prend toute la mesure du travail de fond qui est fourni par Michelin pour adapte r les pneus à chaque véhicule. C’est très spectaculaire », soulignait ainsi Michel Barge, le directeur de Peugeot Sport.

« C’est un véritable atelier de haute couture, »  commentait pour sa part Serge Saulnier, le Team manager de l’écurie Peugeot Sport. Lequel enchainait :

« Nous avons découvert des  choses extrêmement intéressantes. La plus grande surprise, c’est le côté artisanal de la fabrication du pneu. Le savoir-faire des ouvriers Michelin est incroyable, ils ont énormément de compétence, et je pensais que tout ceci était plus automatisé. En découvrant l’importance que représente le compromis de l’assemblage des différentes couches du pneumatique, je perçois mieux la nécessité pour les  techniciens Michelin de recueillir le maximum d’informations auprès des pilotes ou de nos techniciens sur le comportement du véhicule  – ou encore le ressenti. C’était très instructif et cela ne peut que contribuer à l’amélioration de nos futures relations de travail. »

« C’est fascinant de voir toute la complexité de la fabrication d’un pneu. Même si on en a une petite idée, le fait de voir comment cela fonctionne est vraiment  intéressant. Voir la réaction des pilotes était plutôt sympa, parce qu’ils ne se doutent pas du travail qui se cache derrière un pneu. C’est très pédagogique : suivre les différentes étapes    de conception est extrêmement intéressant. Je pense qu’il faudra renouveler cette opération avec nos futurs pilotes»,

Précisait Bruno Famin, directeur technique de Peugeot Sport.

« C’est très impressionnant de voir cette fabrication. C’est même peut   -être  un problème pour moi   : désormais, je n’oserai plus traiter les pneus de manière aussi brutale qu’avant ! Je vais respecter davantage le travail des gens. Mais c’est rassurant de voir le sérieux avec lequel cela se passe »,  reconnaissait Alexander Wurz, qui a disputé les 24 Heures du Mans 2008 au volant d’une Peugeot 908 Hdi FAP chaussées de gommes Michelin.

Marc Gené,  qui participait pour la première fois à ce type de visite, n’en croyait pas ses yeux

« Je voulais découvrir la fabrication des pneus depuis très longtemps, déjà quand j’ai c commencé à rouler en Formule Un avec Michelin, et franchement c’est carrément magique   ! J’ai réalisé encore plus toute la complexité des pneumatiques, de la conception à la fabrication, et je comprends mieux pourquoi les techniciens Michelin nous demandent autant d’informations en retour quand nous faisons des essais pour eux. »

« Je ne savais vraiment à quoi ressemblait une usine de fabrication de pneus avant de venir. J’ai vraiment été ravi de découvrir toute la chaîne de fabrication des pneus de compétition, du début à la fin. On parle souvent de cet objet rond et noir comme d’un « matériel   » et on en oublie le côté humain. Aujourd’hui j’ai découvert des hommes méticuleux et passionnés, et je me rends encore plus compte que ces hommes et femmes sont tout aussi attentionnés que nous pouvons l’être au volant à 300 km/h. C’est très rassurant car j’ai roulé des milliers de pneus Michelin et je n’ai jamais eu de problème alors forcément aujourd’hui je suis admiratif. Surtout je pense que j’ai une vie facile derrière mon volant et que je fais surement plus d’erreurs qu’eux   ! »

A déclaré pour sa part , Franck Montagny, très humble face au travail que fournit le personnel Michelin.

« J’étais loin de penser que c’était aussi manuel de fabriquer un pneu »  lançait à la cantonade Stéphane Sarrazin, très surpris de ce qu’il venait de découvrir et qui poursuivait

« Je m’attendais à quelque chose de très automatisé, et au contraire il y a énormément d’hommes et de femmes qui œuvrent sur toutes les étapes, et c’est super pointu   ! Toutes ces personnes travaillent comme nous, au millimètre près, et ils sont tous très minutieux. C’est top, et je pense que je ferai plus attention aux pneus maintenant ! »

Nicolas Minassian qui s’est vraiment pris au jeu de la fabrication du pneu, lors de son passage à l’école, part avec un sentiment d’avoir appris quelque chose :

« Cette journée m’a apporté une meilleure compréhension du pneu, c’est certain. J’aurai plus de respect pour le pneu car c’est souvent l’élément que l’on abime le plus. Je suis vraiment impressionné par la précision des employés. Ils passent toutes les étapes très proprement, méticuleusement, sans précipitation et j’aime les voir travailler, c’est très impressionnant. On ressent un vrai sentiment de perfection.»

Quant à  Pedro Lamy, la visite de la fabrication des pneus l’a encore plus rassuré :

« Je suis ravi d’avoir eu l’occasion de venir, ici, dans une des usines Michelin. J’ai été vraiment impressionné de voir travailler toutes ces personnes aussi précisément. Normalement, cela ne me rassure pas de savoir que certaines choses sont faites à la main, et aujourd’hui c’est le contraire. Je me sens encore plus conforté d’avoir rencontré des personnes qui fabriquent des pneumatiques en étant aussi concentrées et précises. »

Avant de rejoindre le centre d’essais de Ladoux, les pilotes au cours d’un cocktail ont signés, signés autographes et autres posters pour tous ceux qui à longueur d’année fabriquent méticuleusement ces gommes avec lesquelles ils roulent dans les plus grandes course du monde

Le mot de la fin en guise de jolie conclusion à ces deux jours inoubliables, nous le laisson au grand patron du service compétition Michelin, Frédéric Henry Biabaud :

« Nous sommes ravis d’avoir pu accueillir toute l’équipe Peugeot Sport à Clermont Ferrand. Le plus grand témoignage de la qualité de la collaboration que nous entretenons avec eux a été de surprendre avec émotion les employés Michelin applaudir l’équipe Peugeot Sport à la sortie de la visite de l’usine. »

Avant de rejoindre le centre d’essais de Ladoux, les pilotes ont applaudis.

«  c’était effectivement à eux d’applaudir l’ensemble des ouvriers Michelin pour le travail qu’ils fournissent toute l’année, et ils se sont exécutés. »  A conclu Frédéric Henry  -Biabaud, le Directeur du département Michelin Compétition.

Gilles Gaignault

Sport

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