En 2009, acheter une voiture neuve à moitié prix sera possible

Aujourd’hui dans les concessions, les vendeurs ne parlent plus prix mais … de remise. Trouvé Attirer les clients et surtout des acheteurs devient de plus en plus difficile. Car l’éventuel client potentiel réfléchit et se demande si à l’avenir les voitures ne seront pas proposées moins cher qu’aujourd’hui.
 
En francs du siècle passé, la somme paraît encore plus rondelette. Les remises de plus de 30 000 francs équivalents à 5 000 € soit trois « briques » comme on clamait à l’époque en langage populaire, sont maintenant devenues monnaie courante si on ose dire, dans le secteur automobile.

Et surtout n’imaginez pas que ces  belles remises ne concernent que les véhicules de luxe. Non, nous parlons bien de la voiture de ‘’Mr Tout-le-Monde’’. Celles qui, dans le jargon des commerciaux se situent dans ce que l’on a coutume de nommer les segments « M1» et « M2». C’est-à-dire, par exemple, une Renault Mégane, une Peugeot 407, une Mercedes Classe C ou une VW Golf. Soit des modèles tout à fait courants et populaires…

Pour les véhicules qui dépassent cette taille, les 4 × 4, le massacre se poursuit avec encore plus de cruauté. En concessions, comme nous l’avons constaté, on propose actuellement d’emblée « moins 17% » sur un Ford S-Max dans le nord de la région parisienne. Chez les mandataires, on se situe même très souvent au-delà de «  20% » de remise !

« Moins 27% » sur un Renault Koleos 150 dCi, «  moins 33-34%» sur certains modèles de Renault Laguna…

 

Pour une Opel Zafira, après une remise consentie de… ‘’4 000 €’’, on vous offre même en prime… un week-end dans un Relais & Châteaux! Cette offre a en effet été proposé à un éventuel acheteur ! C’est ce que révélait récemment Le Figaro.

Pour les occasions récentes, maintenant plus ou moins au même prix que « l’ancien neuf » leur trouver un  nouvel acquéreur devient quasiment …mission impossible.

Et le tocsin de cette Saint-Barthélemy qui menace chaque jour un peu plus l’automobile n’a pas fini de sonner et de carillonner haut et fort. Devant une telle dégringolade, l’acheteur joue l’attente. Ce qui contribue à étrangler la demande et donc à faire baisser encore un peu plus les prix. Peut-on le ­blâmer de vouloir différer son achat en période de crise ?

Des autos, il y en a partout en Europe. Certains stocks d’importateurs dépassent une année de vente. C’est bien simple : les déstockeurs comme nous ont l’impression d’être dans la peau d’obsédés sexuels à qui on aurait ouvert les portes d’un harem ! Nous embauchons déjà une bonne quinzaine de personnes pour faire face à une prévisible et massive augmentation de notre activité» résume avec gourmandise Thierry Koenig, le patron d’Auto-IES, l’un des plus gros mandataires français.

Le marché ‘’intoxiqué’ par les petites voitures

Il s’attend à proposer en 2009 un niveau général de remises de « 40% » sur la plupart des voitures et à des discounts  atteignant même parfois jusqu’à 50%oui, à moitié prix – sur certains modèles !!!

Non, vous ne «  Rêvez » pas…

Pronostics qui n’ont rien d’irréalistes quand on mesure la crise que traversent aussi les anciens pays de l’Est. Avant l’été, on tablait encore, à Budapest, Prague, Varsovie, et même ­Moscou, sur 50% d’augmentation annuelles des ventes. On se retrouve finalement avec…50% de baisse. Là-bas aussi, les stocks se sont accumulés.

Les concessionnaires sont comme des guêpes derrière une vitre. En France, la machine infernale s’est déclenchée pour eux lors du premier semestre de cette année avec le bonus-malus. Il a tordu le marché vers les petites voitures ; elles ne leur rapportent que 150 à 200 € à chaque vente. Puis l’augmentation du carburant et des taux d’intérêt conjuguée ensuite à la crise financière a sapé tout espoir de vendre autre chose que du segment «A» (Ford Ka, Renault Twingo…), et encore en diesel.

Les plus grandes concessions s’attendent à une restructuration sévère ou à des regroupements, les plus petits à disparaître, tout simplement. Tous mendient des aides auprès des constructeurs. Mais ces derniers en ont-ils les moyens ? Près d’un an après l’instauration du bonus-malus, eux aussi ne vivent désormais que sur les petites autos.

À part la carrosserie et ses pièces dites «captives» (elles ne peuvent être fabriquées et vendues que par le constructeur), sur laquelle les concessionnaires réalisent encore de bonnes marges, toute leur activité se délite. Ainsi, l’entretien et le service rapide migrent vers les enseignes indépendantes. Certaines, tout comme les compagnies aériennes, ont déjà leurs low-costs : on achète soi-même son huile ou ses pneus dans un hangar avant de les confier à un jeune mécanicien qui travaille non-stop.

Le temps des «cueilleurs de cerises»

Internet continue AUSSI à faire des ravages. La Toile dévie toujours la clientèle vers les mandataires, dont les sites colorés font miroiter des remises de plus en plus alléchantes. Les vendeurs d’automobiles s’accordent tous à dire qu’ils doivent offrir «un meilleur service et un meilleur accueil». Ces belles paroles seront-elles suffisantes lorsque l’on apprend que, selon une étude de la Sofres, 14% des pneus sont désormais vendus via le Net et que 35% de ses familiers ne mettent plus les pieds dans une concession

Cette situation redessine les contours de la vente automobile. À l’acheteur traditionnel succèdent de nouveaux profils. D’abord, il y a celui que les Anglo-Saxons nomment le cherry picker, le «cueilleur de cerises». Ce mercenaire ne signe un chèque qu’en fonction du rapport qualité-prix. Entre un break 307 à 15 000-16 000 €, comme on en trouve actuellement sur le Net, et son successeur 308 coûtant 10 000 € de plus, il n’hésitera pas.

L’économe adoptera le même comportement, épargnant le gain réalisé, ou le dépensant dans des vacances au soleil (de préférence bradées, elles aussi). Il existe ensuite un autre petit futé qui se définit comme opportuniste. Même s’il n’a pas besoin de changer sa voiture, il ne résistera pas à une belle promotion s’il ne sort pas trop de son budget. Il préfigure ce que pourrait être demain une bonne partie des consommateurs. De fins observateurs du marché, qui, au moment de renouveler leur auto, essaieront d’obtenir une Laguna pour le prix d’une Mégane. Bref, de rouler en permanence surclassé !

Mi novembre en Angleterre, un important concessionnaire a même fait une publicité annonçant : «  Une voiture achetée, une voiture offerte et pour des modèles ‘’ haut de gamme ‘’
Ce fut un colossal succès !!!

Alors, on peut légitimement à l’avenir s’attendre à tout !!!

En tout cas ‘’ l’âge d’or ‘’ de l’automobile est assurément derrière nous…

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