Walter Hayes Trophy Formule Ford : Romain Didier seul contre 118 !

 
On peut passer son temps sur les circuits, écrire toute l’année les communiqués de presse de nombreux pilotes et de plusieurs teams ou les articles « auto » du magazine Kart mag, commenter les courses du championnat de France FFSA GT et avoir envie, de temps en temps, de repasser de l’autre côté de la barrière !

Ainsi, Romain Didier n’a pas hésité longtemps quand l’occasion s’est présentée de participer à la plus fabuleuse course de Formule Ford 1600 Kent du Monde :

Le célébrissime ‘’Walter Hayes Trophy ‘’ à Silverstone !

… 119 pilotes figuraient pourtant sur la liste des engagés, parmi lesquels des noms aussi prestigieux que Darren Turner, Andy Wallace, Ryan Sharp ou Michael Vergers, désireux de retrouver, comme notre « Frenchie », les émotions de leurs glorieux débuts…

Pendant les années 2000, Romain Didier s’est sportivement consacré au Superkart 250, mais la Formule Ford 1600 « Kent » n’a jamais cessé d’occuper une place privilégiée dans son cœur. Il a en effet accompli quatre saisons dans cette catégorie au milieu des « nineties », terminant trois fois sur le podium final du Trophée Fédéral organisé par Ford France, et meilleur Français avec une septième place lors de ‘’l’Euro Formula Ford Cup’’ en 1996.

« Ma dernière course remonte à 1997, et il s’agissait déjà d’un « one-off event » en Grande-Bretagne. Les Anglais qui avaient racheté ma Swift m’avaient invité à participer à son volant au ‘’Formula Ford Carnival ‘’sur l’ultra-rapide circuit de Castle Combe. Cette année, c’est une autre histoire d’amitié franco-britannique qui m’a amenée à prendre le départ du fameux ‘’ Walter Hayes Trophy.’’ Rencontrés au ‘’Formule Ford Festival ‘’2003 à Brands Hatch, Steve Roberts et sa famille sont devenus de grands amis, et ils m’avaient souvent parlé de cette course. Steve s’est débrouillé pour me trouver une Van Diemen de 1980, louée pour un prix abordable. J’ai convaincu le complice de mes premières saisons de Formule Ford, Patrice Bourget de m’accompagner et le projet a pu se concrétiser. »

Le tracé « National » de Silverstone ne comporte que des virages intéressants : Le fameux ‘’Copse Corner ‘’après les stands, le raccordement de ‘’Maggots’’, l’enchaînement technique ‘’Brooklands-Luffield ‘’ qui débouche sur la courbe de ‘’Woodcote’’, le tout entrecoupé de trois lignes droites, avec de nombreuses opportunités de dépassement.

Le meeting a été créé en 2001 pour rendre hommage à l’ancien journaliste et « public-relations » de Ford, notamment connu pour avoir impulsé la création du moteur Ford Cosworth DFV, vainqueur de 155 Grand Prix de F1.

 

Tout commence par les séances chronométrées, puis chaque pilote dispute une des six manches de qualifications. A l’issue de celles-ci, les meilleurs vont directement en demi-finale, mais les autres gardent espoir de remonter, via la « last chance race » ou la « progression race ».

« J’ai découvert ma Van Diemen RF80 à l’occasion des deux courtes séances de tests du vendredi » raconte l’unique pilote tricolore au départ. Qui s’empresse de poursuivre son récit passionnant:

« Le matin, un fil de bobine était débranché dès mon premier tour ! Darren Turner, qui avait décoré sa Van Diemen 90 aux couleurs Gulf de son Aston Martin des 24 Heures du Mans, et portait d’ailleurs le même numéro 009, m’a sauvé la mise en sortant dans un bac à graviers. Le drapeau rouge m’a permis d’être remorqué aux stands, où Patrice a réparé en deux temps trois mouvements. J’ai connu une autre alerte l’après-midi à mi-séance. En passant devant les stands, j’ai eu l’impression que le moteur avait cassé. J’ai tristement garé l’auto en bord de piste, convaincu que tout était fini, d’autant qu’il y avait de l’huile autour du moteur. En fait, ce n’était que la commande des gaz ! La fuite d’huile venait du reniflard, et la voiture consommait beaucoup d’eau. Bref, Patrice a eu pas mal de boulot ! J’aurais bien aimé rouler davantage, mais le propriétaire de la Van Diemen m’avait demandé de rouler en 1’10, et j’y étais parvenu trois fois. Ma confiance était donc intacte avant d’entamer les choses sérieuses. »

Le samedi pour la qualif, la piste est grasse et il faut s’y adapter en dix minutes ! La Van Diemen bleu blanc rouge n°37 (numéro choisi en référence au « grand » Arturo Merzario et au département d’Indre-et-Loire bien sûr !) n’obtient que le 18ème temps de la série 3. Sachant qu’il faut entrer dans les 11 premiers de la manche pour aller en demi-finale et entre la 12ème et la 16ème place pour avoir droit à la « last chance race », tout reste possible…

« J’ai pris un bon départ, mais à la fin de premier tour, un débutant, reconnaissable en Grande-Bretagne à la plaque jaune marquée d’une croix fixée à l’arrière de sa voiture, est parti en toupie. Je pensais l’éviter sans problème, mais il n’a pas freiné sa voiture, et je me suis arrêté de justesse dans sa roue arrière. Pas de dégâts mais le moteur a calé et j’ai perdu beaucoup de temps. »

19ème de sa manche, Romain se voit relégué sur la 6ème ligne pour le départ de la « progression race », donné dimanche matin sur une piste détrempée. Il faut maintenant terminer dans les six premiers pour accéder à la « last Chance race », dont les six premiers accéderont au stade des demi-finales ! Le problème, c’est que plusieurs « stars » tels que le double vainqueur de l’épreuve Peter Dempsey ou le pilote FIA GT Ryan Sharp ont aussi loupé leur qualification, et ils ne vont pas se priver de prendre les devants.

« J’ai gagné des places au départ, notamment grâce à un gros crash survenu juste devant moi dans la ligne droite des stands entre deux voitures. Mais la course a été stoppée au drapeau rouge. Au deuxième départ, j’ai trop patiné sur le deuxième rapport, et je me suis vite retrouvé en fond de peloton. »

Une fois redescendu de son nuage, » roro » tirait les conclusions de ce week-end.

 « C’est lors de la manche qualificative que j’ai perdu l’essentiel de mes chances de passer au moins une étape de plus. Mais mon souci a surtout été une mise en action nettement plus lente que les habitués des championnats locaux, avec une adhérence toujours différente, une voiture que je découvrais et que je ne voulais pas casser bêtement. Dans ces conditions, je perdais trop de temps et de places en début de course, avant de prendre un rythme décent, mais trop tard ! Une piste sèche m’aurait aidé, mais j’ai tout de même pris énormément de plaisir. »

La course a été remportée par un espoir âgé de 16 ans, l’Américain Conor Daly, fils de l’ancien pilote Williams, Tyrrell, Hesketh, Ensign, RAM-March et Theodore F1, Derek Daly !

Pour sa troisième course de Formule Ford hors de France, Romain Didier s’est classé pour la troisième fois meilleur Français !

« Oui, mais j’aimerais bien ne pas être le seul la prochaine fois ! J’en profite donc pour passer un message aux pilotes de Formule Ford Kent de France, et aux anciens qui, comme moi cette année, meurent d’envie d’y goûter de nouveau : il faut que l’année prochaine, nous soyons nombreux au départ de cette course extraordinaire. La Formule Ford Kent reste une fabuleuse catégorie, totalement en dehors du temps puisque parmi les 36 qualifiés de la finale, il y avait des voitures datant de 78 à 2008 ! Le fils de Ray Mallock était là lui aussi avec une Mallock à moteur avant ! L’accueil des organisateurs a été fabuleux, et je voudrais remercier mon « race engineer » Patrice, son amie Martine, le propriétaire de la voiture « Jones the race », l’ASK Rosny 93 ainsi que les amis d’Outre-manche Steve, Gillie, Hannah, Jane et Jon qui nous ont reçus comme des rois. »

Romain Didier
 www.future-racing.com

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