Rallye : Simon Jean Joseph met un terme à sa carrière !

 

 
A 40 ans, le multiple Champion de France des rallyes et natif de la Martinique, Simon Jean-Joseph va tirer un trait définitif sur sa belle et brillante carrière le 12 novembre prochain.

Le Martiniquais trois fois titré  Champion de France (1993, 1994 et 1997)  vient d’annoncer qu’il se retirait de la compétition.

Champion d’Europe en 2004 et en 2007 avec l’équipe Citroën, il a aussi brillé en Championnat du Monde des rallyes avec pour meilleur résultat une 7e place en WRC.

Antillais pur souche, Simon est né à Fort-de-France… et ses nombreux voyages sur les routes du monde ne l’ont jamais éloigné très longtemps de la Martinique ! Cet amour pour «  l’île aux fleurs » lui est bien rendu par ses compatriotes : il a été élu sportif Martiniquais du XXe siècle.

Après avoir disputé ses premiers rallyes au volant de voitures d’emprunt, l’acquisition d’une 309 lui permet de tout gagner aux Antilles. En 1993, c’est le moment de traverser l’Atlantique : dès ses débuts au  redoutable Critérium des Cévennes, Simon étonne. Il est d’ailleurs intégré à « l’Equipe de France Espoirs de la FFSA » Mais faute de budget, il doit retourner aux Antilles en 1995. Il ne se décourage pas et tente à nouveau sa chance en 1997.

Après avoir remporté le Championnat Amateurs au volant d’une Subaru Impreza groupe A, il se lance dans le « grand » Championnat de France la saison suivante. Face au constructeur engagé officiellement, il remporte trois victoires scratch – toujours avec la Subaru préparée par Cilti Sport – et manque de peu le titre 1998.

Ces performances n’ont pas échappé à Ford, qui propose à Simon le volant d’une Focus WRC pour quatre rallyes du Championnat du Monde 1999. L’auto manque de fiabilité, mais Simon conserve un excellent souvenir de cette expérience. En 2000, il est enrôlé chez Subaru. Au volant d’une Impreza WRC, il participe à deux courses et signe ses premiers temps scratch en Mondial.

En parallèle, le programme de la saison est complété par huit courses sur la terre et l’asphalte des Championnats de France. Désireux de poursuivre en WRC, Simon pilote en 2001 une excellente Peugeot 206 WRC privée de l’écurie Kronos qui lui permet d’accumuler de l’expérience tout en signant de belles performances.

 

La saison 2002 marque le début d’un nouveau challenge avec la Renault Clio Super 1600. Simon est choisi par Renault Sport pour assurer le développement de sa nouvelle arme. Après une saison en tant que pilote privé au sein de l’équipe Automeca, il devient pilote officiel à partir de 2003. Au sein du Clio Team Oreca, il remporte le Championnat de France en 2003 et le Championnat d’Europe en 2004. La Clio s’avère aussi redoutable en Championnat du Monde, où Simon remporte de nombreuses victoires de classe. Simon poursuit sa collaboration avec Renault jusqu’à la fin de la saison 2006.

Parallèlement, Simon connaît ses premières expériences en rallye-raid. Il participe à ses deux premiers Dakar (2005 et 2006) sur un Mercedes ML de la catégorie T2. En 2007, il passe la vitesse supérieure en engageant un buggy deux roues motrices Fast & Speed. Las, ces trois premières tentatives se soldent par autant d’abandons en Mauritanie.

Pour la saison 2007, Simon et Jack reçoivent le soutien de Citroën Sport, qui leur confie le volant d’une C2 Super 1600 qui leur permet de décrocher un second titre européen après celui de 2004. Cette collaboration s’est poursuivi en 2008 dans le cadre d’un programme européen de promotion de la nouvelle C2 R2-Max.

Blessé en aout dernier lors d’un accident de bateau, Simon Jean-Joseph a été contraint de déclarer forfait pour l’Ulster Rally. Toujours optimiste, le Martiniquais doit se reposer pour retrouver au plus vite le meilleur de sa forme.

Dans quelles circonstances as-tu été blessé ?

« Je n’ai pas vraiment profité de mes vacances à la Martinique ! Lors d’une sortie en bateau, j’ai subi un traumatisme facial dans la région de l’œil gauche. Sous le choc, j’ai perdu connaissance et j’ai été transporté au CHU du Lamentin. Bilan : traumatisme crânien dont l’évolution à été favorable en l’absence de lésions neurologiques, une plaie supérieure profonde avec rupture du muscle releveur de la paupière et une fracture du plancher de l’orbite. Cette fracture est responsable d’une diplopie dans certains secteurs de la vision. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je suis parti à Paris pour être opéré du plancher orbital par les meilleurs spécialistes de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Cette seconde intervention s’est bien passée. Tout ce dont j’ai besoin maintenant, c’est de temps… »

Quelles seront les conséquences de cet accident ?

« J’espère qu’il n’y en aura pas et que tout cela ne sera qu’un mauvais souvenir. A Fort-de-France comme à Paris, les médecins ont fait un excellent travail et je les en remercie. Maintenant place à la récupération. »

Comment garder le moral dans ces circonstances ?

« On peut voir les choses – c’est le cas de le dire – de deux manières. Certes, je suis indisponible pour une période indéterminée, cependant je suis aussi passé tout près de perdre un œil. C’est toujours un coup dur pour un sportif, même si j’ai connu d’autres incidents. En 1995, je suis resté couché plus de quatre mois après m’être cassé plusieurs vertèbres lors d’une sortie de route. Je suis revenu et c’est ensuite que j’ai ajouté les plus belles lignes à mon palmarès. Je suis optimiste. Mon seul objectif est de retrouver la forme le plus vite possible ! »

Pourras-tu courir avant la fin de la saison ?

« Je n’en sais rien. Sébastien Ogier me remplacera …

Hélas, ce remplacement se sera prolongé tout l’automne. Et finalement, Simon a choisi d’en rester là probablement pas complètement remis de ses blessures à l’œil.

L’hiver dernier, nous l’avions rencontré sur le circuit de Rocroy dans les Ardennes ou il participait à une journée e promotion avec l’équipe Citroën. Nous avions été impressionnés par ce grand pilote extrêmement charismatique…

Simon laissera l’image d’un pilote sympathique et très attachant. Chaleureux, délicat, attentionné. Bref, ce pilote était un véritable Gentlemen.

Gilles Gaignault

Sport

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