Tour de Corse Historique : Un grand cru…

 

Cette huitième édition du Tour de Corse Historique a de loin été la plus belle, la plus disputée mais aussi la plus incertaine.

Tout le mérite en revient à deux authentiques Champions. L’un considéré comme un acrobate et multiple ancien vainqueur dans l’Ile de Beauté. J’ai nommé…Jean  Claude Andruet. L’autre ex excellent pilote de Formule 1 et brillamment reconverti depuis dans les Rallyes Historiques qu’il adore. J’ai nommé Eric Comas.

Le face à face entre ces deux guerriers a été tout simplement grandiose. SUBLIME !
Cinq jours durant, ces deux «  négociants en virage » nous ont régales impressionnés estomaqués. Du grand art, de l’énorme attaque et du pilotage d’exception.

Se battant à coups de secondes, ne laissant rien, ne lâchant rien, le père Jean Clause et l’ami Eric se sont par deux fois au soir d’étapes retrouvés séparés par 3 dixièmes puis 4 le lendemain !

Tout simplement inouï et inimaginable sur ces routes dangereuses traitres piégeuses sinueuses à souhait. Et propice aux fautes, aux p’tites erreurs. Eh bien, avec ces deux phénomènes il n’en a rien été.

Ils se sont donnés livrés à fond et ont offert de Bastia à L’Ile Rousse en passant par Porto Vecchio et Corte un spectacle aux fans regroupés dans les passages stratégiques aux noms magiques et évocateurs : Bavella – La Porta – Piana – Fango – Murraciole –Speloncato.

 

Dans les longues traversées des merveilleuses Balagne et autres Castagniccia, les amoureux fous des Rallyes d’antan, en ont pris «  Plein les Yeux, plein le cœur » tant les deux lascars aux volants de deux monstres sacrés que sont les inoubliables berlinette Alpine Renault et Porsche 911 se sont marqués.

Et comme il faut, il fallait un seul et unique vainqueur, eh bien c’est finalement …le sort et non le sport qui a au finish décidé et choisi.

Et le Vainqueur fut … Eric Comas et son Alpine !

Le suspense dominical proposé par cette lutte acharnée et palpitante ayant finalement tourné court… Hélas, malheureusement ! Et  ce à cause du moteur de la Porsche subitement muet au beau milieu de l’avant dernière spéciale dimanche matin Calvi-Fango.

Mais laissons le vainqueur sortant de l’épreuve nous racontait sa mésaventure :

Après cette folle semaine de lutte formidable j’étais zen et fonçais comme d’habitude. Tout à coup  j’ai perdu de la puissance et j’ai aperçu un nuage de fumée dans mes rétros. Sans doute une soupape
Voire un piston. Dommage que notre mano à mano se termine ainsi. Mais c’est la dure loi du sport »

Quoiqu’il en soit, Jean Claude une fois de plus aura été, à 68 ans le héros de cette semaine de «  Dingos » face au minot. Lequel sur le podium d’arrivée ne tarissait pas d’éloges en lui rendant hommage :

«  C’est fou de gagner ici en Corse et de m’être battu comme un chiffonnier avec le héros de ma jeunesse «  Maitre Jean Claude Andruet   Roi  » du Tour de Corse qui connaît chaque spéciale empruntée chaque route chaque village comme sa poche. Il est ici chez lui et partout les gens l’adorent. Alors le battre c’est pour moi quelque chose de grandiose et toute ma ie je me souviendrais de notre folle semaine »

D’ailleurs les organisateurs José Andréani et Yves Loubet les organisateurs et promoteurs de l’ASA Terre de Corse ne s’y sont pas trompés et qui appellent Andruet à venir rejoindre son vainqueur sur le podium. Et de lui décerner et remettre le Trophée  Jean Charles Martinetti

Et l’Andruet de nous rejoindre les yeux emplis de bonheur malgré son immense déception et amertume :

«  La course a été chouette. Ce tour est franchement une belle épreuve. Notre super bagarre restera surement longtemps dans les mémoires. Même vaincu je conserverais la satisfaction de m’être bien, battu. En fait j’ai eu comme l’impression de faire un rallye par jour. De repartir au combat chaque matin. De ne jamais rien céder. »

A l’écart, Jean Claude Andruet aperçoit deux concurrents et fonce féliciter les nancéiens Christian Chiaravita et Gérard Caizergues, classés quatorzièmes avec leur petite Alfa Roméo Giuletta aux couleurs Optic 2000. Et de nous lancer :

«  Ils m’ont impressionnés dans certaines spéciales ou ils ont avionnés avec leur Alfa.Ils ont fait un super rallye et je vais le leur dire  »

Evidemment les deux hommes étaient émus de cet hommage appuyé !

« Recevoir des félicitations d’un tel champion cela m’émeut et je ne l’oublierais jamais car Jean Claude c’est quand même MONSIEUR Tour de Corse alors vous imaginez ce qu’il nous a dit, c’est trop fort »

Et celui qui fit les beaux jours du grand Tour de Corse il y à une bonne trentaine d’années avec trois victoires de nous préciser pour en revenir à lui :

«  J’ai fait toute la saison HC avec ce moteur remportant les quatre rallyes dont la Giraglia ici même au printemps. Le moteur n’a jamais été révisé. »

Ceci explique peut-être cela…

Et ce d’autant plus qu’il avait aussi disputé le Tour de Corse Historique… 2007 !!! C’est dire.

En tout cas, son excellent et réputé préparateur Christophe Terriou aura au moins eu dans ce malheur la satisfaction de monter sur le podium !

Car il termine après lui aussi une semaine d’attaques permanentes avec sa co pilote Anne Drouilleau à une formidable seconde place au volant de la seconde Porsche du Team TCM-Feralu. Devant la Porsche de Michel et Joris Gendre, de nouveau troisièmes comme l’an passé.

 La berlinette de Patrick et Corinne Landon

Cette édition 2008, c’était bien l’année … Alpine !

35 ans après l’épopée de 1973 couronnée du titre mondial, les berlinettes sont parvenues sur les routes insulaires à réaliser un fort joli tir groupé puisque si Comas gagne la course en VHC, c’est une autre Alpine une A110 qui l’emporte en régularité VHR.

Et il ne s’agit pas de n’importe quelle Alpine ! Car son pilote n’est autre que l’ancien  patron du service course de Renault Sports, j’ai nommé Patrick Landon.

Extrêmement bien guidé par sa co équipière Corinne laquelle n’est autre que sa … propre épouse, celui qui drivait les pilotes et dirigeait le département rallye de la firme au losange, a lui aussi brillé et remporte donc à son tour cette épreuve de légende qu’est le Tour de Corse.

Et comment ne pas dire encore un mot pour féliciter Jacques Cochin  associè à l’artiste-peintre de talent et renommé Yahn Janou, remarquable sixième au beau milieu d’une meute d’Alpine et de 911 et ce au volant de cette magnifique Porsche 910 qui fit les beaux jours des 24 Heures avec de grands pilotes comme le regretté Rolf Stommelen ou encore Hans Hermann !

Outre le retrait de Jean Claude Andruet, nous regrettons aussi l’abandon de son alter-égo de la belle époque des berlinettes, le local Jean Pierre Manzagol lui aussi plusieurs fois sur la plus haute marche du podium de l’épreue aux " 10000 virages " et ictime tout comme Andruet de la casse de son moteur…

Un mot enfin, sur les pistards Belges Christian Kelders et Christian Kerkhove. Pour leur troisième rallye seulement et toute première participation en Corse, le duo termine à une plus qu’honorable septième place ! Jusqu’alors, ces deux spécialistes des circuits, ils se sont classés seconds des redoutables 24 Heures de Spa, n’avaient disputés que deux petits rallyes chez eux dans les Ardennes dont le Legend Boucles de Spa. Chapeau à eux.

«  De plus nous n’avions pas de notes car pas effectué de reconnaissances du parcours. Au début nous étions véritablement inquiets et impressionnés par ce parcours tourmenté qui monte et descend au fil des kilomètres. Puis on a pris confiance on s’est habitué jour après jour. Et on à la chance de terminer et en bonne place. En tout cas ce séjour restera un joli souvenir car on s’est régalé avec ces paysages, ces villages nichés au milieu des collines. Que de beaux paysages avons nous découvert. C’est une certitude, nous reviendrons. »

Quel bel hommage pour le tandem Andréani – Loubet et toute leur équipe de passionnés, de bénévoles, tous levés aux aurores et rentrés souvent fort tard à l’hôtel

Gilles Gaignault

Photos : Bruno Roucoulés

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