F 1 : Max Mosley le magicien ….

 

 

 

Max Mosley a donc mais ce n’est nullement une réelle surprise gagné son procès contre          « News of the World », le journal Britannique qui avait le tout  premier  révélé au public ses frasques sexuelles au début du mois d’avril.

Aux yeux de certains, cela apparaît comme une victoire importante, puisque ce jugement garantit dorénavant le respect de la vie privée dans un pays où la presse tabloïd ne s’est jamais privée de divulguer toutes sortes de secrets d’alcôve plus ou moins réels dans le but d’augmenter les chiffres de tirage.

On pourrait se contenter d’une telle conclusion, qui sauvegarde la morale, si précisément ce n’était pas la morale elle-même qui était bafouée dans cette affaire.

Le scandale est sans précédent dans l’histoire de la FIA, vénérable institution créée en 1904 par les quelques grands Automobiles Clubs de l’époque, en Europe, Asie et Amériques. Certes le poste de Président est une position exposée et les attaques visant les prédécesseurs de Max Mosley n’ont jamais manqué.

Mais aucune n’a dépassé le stade des escarmouches politiques habituellement de mise, et en tous cas aucune n’a remis en cause les fondements de l’institution elle-même.

 

 

On peut parfaitement comprendre que tel ou tel personnage public désire préserver l’intimité de sa vie privée, familiale par exemple. Dans ce cas précis toutefois, l’étalage dans les médias du monde entier de frasques sexuelles dont on a pu même penser qu’elles pouvaient revêtir un caractère Nazi, compte tenu de l’ascendance familiale de Max Mosley, ce qui s’est avéré ne pas être le cas, décrédibilise complètement leur auteur au niveau de sa fonction, entraînant l’institution qu’il préside dans cette tourmente. Compte tenu de la publicité ayant entouré cette affaire, personne ne peut en effet comprendre qu’il n’ait pas démissionné dès l’éclatement du scandale.

 

L’une des raisons de cette situation ubuesque est que Max Mosley est « un magicien ».

Contre tout sens moral, lorsqu’il a décidé de se maintenir en poste, il a en effet déclenché autour de cette affaire un gigantesque écran de fumée détournant l’attention du scandale proprement dit, en se concentrant sur la défense du sacro-saint respect de la vie privée, et en élaborant une stratégie de défense basée à l’intérieur de la FIA sur une exploitation habile du système onusien prévalant à l’intérieur de l’institution ainsi que sur des moyens de persuasion particulièrement efficaces. Il s’est en effet servi des allégations de connotation nazie pour démontrer qu’il n’en était rien, minorant ainsi l’impact du scandale, et renversant le cours des choses en se faisant passer pour la victime de toute cette cabale, reprenant par ce subterfuge la main au niveau de l’Assemblée Générale de la FIA, dont tous les « petits » pays sans activité significative se sont soudain trouvés à jour de cotisation afin de pouvoir voter.

Le résultat est connu : un vote de confiance sans appel.

Il ne reste plus à Max Mosley qu’à poursuivre son combat judiciaire et faire condamner les uns après les autres les médias s’étant fait l’écho de ses turpitudes.

Mais le mal est fait…

Indélébile !

L’histoire pourrait s’arrêter là, si précisément la morale trouvait son compte dans cet épilogue judiciaire sur fond de protection de la vie privée. Mais la réalité est que l’institution est salie, et que seule une démission immédiate pourrait permettre de la reconstruire. Les dégâts auprès des licenciés sportifs et des membres des Automobile Clubs sont incommensurables.

L’Assemblée Générale de la FIA s’est déconsidérée en se laissant entraîner dans un rôle de garant de la morale qui n’est pas le sien, perdant ainsi de vue l’autorité et la respectabilité de la FIA. C’est aujourd’hui une institution très affaiblie qui n’est plus en mesure d’assurer son rôle de gouvernement mondial du Sport Automobile, ni d’organisme de tutelle des grands Automobiles Clubs mondiaux.

Aucun partenaire sérieux, aucun dirigeant politique ne veut plus rencontrer le Président.

La liste des pays où il est «  persona non grata » ne va pas disparaître comme par enchantement, et ce n’est pas le jugement de Londres qui changera cet état de fait.

C’est un merveilleux écran de fumée, mais plus que jamais la FIA est en danger de mort. Tout le monde  au sein de la FIA attend le départ de Max  Mosley, annoncé pour octobre 2009 seulement.

Faut-il prolonger l’agonie de la FIA jusque là ?

A l’évidence non, Max Mosley doit donc prendre sans délai la seule décision possible : partir immédiatement.  Car il est devenu un Président fantoche. Un homme sans pouvoir.

D’ailleurs ce mardi 29 juillet tous les représentants du monde de la F1 étaient réunis au siège de Ferrari à Maranello pour la création de la «  F1 du futur »

Tous … sauf un des leurs ?

Max Mosley, Président de la pourtante toute puissante FIA, pas convié à assister à cette réunion pourtant capitale et qui engage l’avenir de la plus prestigieuse des compétitions mondiales !

La prestigieuse F1 fleuron de cette même FIA…

Supréme humiliation venant de la part des constructeurs qui depuis l’annonce du scandale rejette Max Mosley. Et refuse de le rencontrer voire même tout simplement de le croiser…

Gilles Gaignault

F1

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