Rallye : Retraite sportive pour Bruno Saby

 

L’événement est quasiment passé inaperçu mais samedi, c’est une page du sport automobile français qui s’est tournée. Lors d’un rallye en Espagne, la Baja Aragon, Bruno Saby  a annoncé qu’il mettait un terme définitif à sa carrière, sans conditions, sur le champ.

Cette décision, aussi inattendue que surprenante est bien définitive.

A 59 ans, il est né le 23 février 1949 à la Troche en Isére, le Grenoblois considère avoir fait le tour du sujet. Il s’en explique ce mardi dans les colonnes du quotidien régional dauphinois ‘’ Le Dauphiné Libéré ‘’.

« Pour la première fois de ma carrière, j’ai dit non à un team manager», confie-t-il.

Samedi, à l’issue de la première spéciale courue non loin de Saragosse,

«quand j’ai eu fini l’épreuve, j’ai dit à Sven Qandt (le patron du team X-Raid BMW) : "J’arrête", raconte-t-il. Sur le coup, il a été surpris, a pensé à un coup de tête car j’étais contrarié.» Il continue : «J’avais toujours dit oui aux team managers avec lesquels j’ai travaillé. Mais j’avais dit aussi que je serais honnête, et que le jour ou j’aurais un doute, je déciderais d’arrêter. Là, pour la première fois de ma carrière, j’ai dit non.»

Et Bruno de poursuivre :

«On déconnecte quand on n’est pas totalement dedans.»

 

Le pilote français, Champion de France des rallyes en 1981 au volant d’une Renault 5 Turbo, ne voulait plus prendre de risques inconsidérés. Après 42 ans de carrière et de multiples titres, dont le Tour de Corse en 1986 au volant d’une Peugeot 205 turbo 16 et le Rallye de Monte Carlo en 1988 avec une Lancia Delta, deux des épreuves les plus prestigieuses du calendrier, le grenoblois considère tout simplement avoir choisi le choix de la raison.

 «Je me suis rendu compte qu’on déconnecte quand on n’est pas totalement dedans » explique-t-il. Avant d’ajouter :

«  On ne peut pas faire ça à moitié. Pour faire ce métier, il faut réunir beaucoup d’éléments».
 
Le vainqueur du Paris-Dakar 1993 avec Mitsubishi regrettait aussi de ne pas courir «régulièrement devant se contenter d’un programme au coup par coup».

Et puis la tête a pris le pas sur la passion.

«On pratique une discipline dangereuse, un sport d’égoïste, ça n’aurait pas été gentil vis à vis de ma famille de tricher avec ça.»

Passé sous les ordres des plus chevronnés managers dont Jean Todt, mais aussi équipier de pilotes illustres tels que les Finlandais Ari Vatanen et Juha Kankkunen, Bruno Saby a également piloté pour les plus grandes équipes en rallyes-raid :

Volkswagen, Mitsubishi et BMW, qu’il avait rejoint en 2008 en remplacement du regretté Colin McRae.

En janvier dernier, Bruno avait participé au Monte Carlo historique en souvenir de sa victoire obtenue il y a vingt ans au volant de la Lancia.Il s’était engagé sur une Fiat 500.

Même s’il n’a «jamais rien programmé car il ne voulait pas être préoccupé par l’organisation de sa vie après la course, Bruno Saby, au volant depuis l’âge de 17 ans, n’ose à présent envisager une suite ailleurs que

 «Proche de ce milieu ».

Parce que la course et la compétition, c’est sa vie.

Alors on le reverra surement trés vite avec une autre casquette. Et pourquoi pas comme responsable d’équipe?

Gilles Gaignault
 

Sport

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