La nouvelle menace des grands constructeurs de F1 de quitter la FIA

  

Au cours de ces derniers jours nous avons analysé dans ces colonnes les conséquences catastrophiques pour la FIA du vote de son Assemblée Générale, intervenu en faveur du maintien en poste de son Président, Max Mosley.

Depuis, ce week-end à l’occasion du Grand Prix du Canada de F1, les grands constructeurs mais aussi le grands argentier des Grands Prix Bernie Ecclestone ont renouvelés leurs menaces de quitter la FIA et de faire scission si le Président Mosley ne démissionne pas !

Bref rappel des faits.
 
Un défi à la morale
 
 


Compromis dans un scandale sexuel dont tous les médias du monde se sont faits largement écho depuis plus de deux moi, le Président de la FIA s’est accroché à son poste contre toute attente et toute décence, là où n’importe quel dirigeant normal aurait démissionné avec effet immédiat.

Malgré les pressions de tous ordres, venant aussi bien de l’intérieur de l’institution que de ses partenaires sportifs ou commerciaux, malgré la teneur du scandale constituant un  défi à toute forme d’honneur et de dignité, Max Mosley a persisté à vouloir diriger une institution ayant perdu toute crédibilité du fait de ses frasques, en demandant et obtenant un vote de confiance de la part d’une Assemblée Générale convoquée tout spécialement à cet effet.
 
Une crise interne sans précédents …
 
Depuis sa fondation en 1904 l’institution n’avait jamais connu de telle crise.

L’intense lobbying, lequel s’apparente à ce qui se pratique dans ce que l’on a coutume de nommer «  des Républiques bananières ! » de Max Mosley relayé par ses hommes de mains et ses "spin doctors" a porté ses fruits principalement auprès de petits pays, notamment ceux d’Afrique, Maghreb compris, du Golfe et d’Amérique centrale, ou à défaut d’une grande activité sportive ou touristique, les Clubs et Fédérations comptent dans leurs rangs certains dirigeants très conscients de certains "avantages" procurés par le "système Mosley".

Pour l’avoir souligné lui-même, Bernie Ecclestone, grand patron et grand argentier de la Formule Un, s’est vu exiger des excuses de la part de l’Automobile Association … du Kenya !

No comment…

Mais les grands Clubs à vocation touristique et les grandes Fédérations sportives ont au contraire immédiatement demandé au Président de s’en aller, conscients des dégâts irrémédiables d’une telle situation sur l’image et la crédibilité de la FIA, ainsi qu’auprès de leurs membres ou licenciés.

Les "forces vives" de la FIA se sont donc ainsi trouvées mises en minorité de par un système de vote de «  type Onusien » ne tenant aucun compte de la véritable importance de chacun, certains de ces pays s’étant même dit-on vu offrir le paiement de leur cotisation annuelle pour pouvoir voter !!!

Cette crise opposant des intérêts purement personnels à l’intérêt général a donc creusé un fossé irrémédiable qui n’a cessé de s’élargir entre les membres de la Fédération, et le divorce paraît maintenant  complètement consommé dans la mesure ou nombre de ces grands Clubs se sont déjà retirés de toutes les instances de la FIA, et étudient depuis mardi dernier la mise en place d’une toute nouvelle structure Mondiale parallèle qui leur permettra de continuer leurs activités sans être concernés par la FIA et les turpitudes de son  cher Président…

Elle pose de plus clairement la question de la structure statutaire de la Fédération Internationale.
Et des répercussions externes dramatiques…
 

Les activités de la FIA tant dans le domaine sportif que dans celui de la mobilité et du tourisme font appel à de très nombreux partenariats, avec des organismes internationaux (La FIA est une association reconnue par l’ONU), des organismes d’état dans de nombreux pays, des structures sportives et commerciales privées, des partenaires industriels et des sponsors dont le rôle et l’importance sont aujourd’hui incontournables.

Il est évident pour tout le monde, sauf pour le Président de la FIA, que la situation actuelle ne peut durer sans connaître également une remise en cause fondamentale des relations contractuelles existantes.

Un président  constamment désavoué, interdit de séjour sur tous les terrains d’activité de la FIA par les dirigeants politiques concernés, comme à Bahreïn, en Espagne, en Israël, en Turquie, à Monaco et partout là où un déplacement était prévu, un Président qui se trouve en face de chaises vides lors de réunions pourtant organisées de longue date n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions.

De plus le "vote de confiance" de l’Assemblée Générale ne lui confère aucune absolution: les faits qui se sont produits sont indélébiles ainsi que leurs conséquences. Il n’y a aucun retour en arrière possible.
 
Le poids de la Formule Un
 
Les premiers à exprimer leurs objections au maintien de Max Mosley à la tête de la FIA ont été les grands constructeurs Allemands (BMW-Mercedes) et Japonais (Honda-Toyota) impliqués dans le Championnat du Monde de Formule Un, ainsi que le patron de la F1, Bernie Ecclestone.

Ils ont reçu un renfort de poids depuis le vote de la part de Luca Di Montezemolo, patron des patrons italiens et numéro un de FIAT, et donc à ce titre patron de Ferrari.

Dans une unanimité sans précédent depuis la création du Championnat du Monde en 1950, tous demandent le départ immédiat de Mosley.

En plus de l’image désastreuse accolée par son maintien à l’activité reine du sport automobile, les accords liant la F1 à la FIA, connus sous le nom d’ "Accords de la Concorde" sont venus à expiration fin 2007 et se trouvaient en cours de renégociation.

Mais les Teams de F1 ne semblent pas vouloir continuer les négociations avec un Président              
« Fantoche » dorénavant si peu crédible, voire une institution si affaiblie, et brandissent la menace de scission avec la création d’un  tout nouveau Championnat du Monde parallèle, qu’ils ont parfaitement les moyens de mettre sur pieds en dehors de la FIA.

C’est le sens de la réunion qu’ils ont tenue ce week-end à Montréal dans le cadre du Grand Prix du Canada.

Ecclestone et l’éventuel Championnat parallèle

Le « serpent de mer » de l’éventuel Championnat du Monde de Formule 1 ‘’parallèle’’ a été de nouveau à l’ordre du jour sur l’île Notre-Dame à Montréal. D’après les quotidiens Britanniques de ce dimanche  « Daily Telegraph » d’une part et «  Times » d’autre part, le principal propriétaire des droits commerciaux de la Formule 1, Bernie Ecclestone, a tenu une réunion avec les patrons d’écurie dans le paddock de Montréal, réitérant sa menace de créer ce Championnat parallèle indépendant de la Fédération internationale de l’automobile (FIA).

Outre la réprobation générale qu’il doit affronter, Max Mosley souhaite de plus que la FIA ait un rôle plus important à l’avenir concernant la F1.

Les fameux « Accords Concorde » qui régissent les droits commerciaux de la F1 depuis … 1980 sont en, effet arrivés à expiration et à leur terme à la fin 2007 et ils sont toujours en cours de renégociation. Mais Max Mosley n’est prêt à les signer que s’ils offrent un surcroît de pouvoir à la Fédération internationale.

Tous ces arguments poussent donc les équipes à étudier de plus en plus sérieusement la création d’un tout nouveau « Championnat parallèle » totalement  indépendant de la FIA.

La seule chose qu’ils ne pourraient conserver est l’appellation de «Formule 1», propriété de la FIA.

 « Les grands constructeurs fournissent les monoplaces, les pilotes et les budgets soutenus par de généreux partenaires dits sponsors. Bernie possède lui la totalité des contrats  liant les équipes avec les circuits et aussi et principalement les chaines de télévisions du monde entier…
Max Mosley n’est de ce fait en réalité et concrètement qu’un simple pion sur l’échiquier des Grands Prix, disons un arbitre»

C’est très exactement ce qu’a déclaré ce week-end à Montréal l’un des  principaux acteurs et décideurs, patron de l’une des plus prestigieuses écuries de F1 au quotidien Daily Telegraph.

Bernie Ecclestone a de son côté effectué en plein milieu de la troisième séance d’essais libres samedi matin une apparition des plus remarquées dans la salle de presse du Grand Prix du Canada pour tenter de s’expliquer  sur cet épineux dossier avec les principaux journalistes Britanniques et tenter aussi de savoir d’où provenaient les fuites sur ce  futur projet  de Championnat parallèle !!!

Si d’aventure, Ecclestone et les équipes F1 s’engageaient définitivement vers ce nouveau Championnat de monoplaces, alors la FIA perdrait à la fois « sa raison d’être  », « son épreuve Reine…», sa «  crédibilité » ainsi que la partie la plus «  juteuse » de ses colossaux revenus financiers…
 
Une seule issue: la démission immédiate du président Mosley
 
Il est facile de comprendre que sans ses grands Clubs et grandes Fédérations sportives, sans ses principaux partenaires sportifs et commerciaux, sans les grands constructeurs, sans son Championnat emblématique et les revenus qui y sont associés, mais par contre avec le poids du scandale, la perte de crédibilité, de dignité et d’honorabilité qu’il provoque, sous la réprobation générale et avec une Assemblée Générale n’ayant pas pris la mesure de l’événement et critiquée de toutes parts, la FIA est aujourd’hui en état de «  mort clinique  »  et en «  coma dépassé » !
 
Une seule mesure-choc peut encore la sauver:

La démission immédiate et sans conditions de son Président qui sinon sera à la tête d’une véritable … « coquille vide » ….

La crise est sérieuse et son issue non négociable…

A bon entendeur….

Gilles Gaignault

Sport

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