FIA : Après la catastrophe, la débâcle…

 

Mardi dernier 3 juin, l’Assemblée Générale extraordinaire de la FIA s’est prononcée par un vote de confiance pour le maintien à la Présidence de la FIA de Max Mosley, compromis dans un scandale sexuel qui a fait grand bruit dans tous les média du monde.

Fin manœuvrier,  Max Mosley a réussi à persuader la majorité des votants du caractère strictement privé de cette affaire pour obtenir leur confiance.

Et il faut dire aussi que ses moyens de persuasion sont grands, le système de gouvernance mis en place sous sa Présidence étant basé sur un réseau d’hommes prêts à tout pour conserver leurs positions et privilèges au détriment de l’intérêt général.

Si l’on ajoute que l’argent n’est pas étranger à tout cela, Max Mosley ayant annoncé que l’amende infligée à McLaren dans l’étrange affaire d’espionnage industriel l’ayant opposé à McLaren (100 millions de dollars US !) serait « redistribué » au profit des activités sportives de la FIA, on comprend mieux ce qui s’est passé mardi.

VICTOIRE A LA PYRRHUS

 Le problème est que Max Mosley s’est trompé de combat.

Au lieu de présenter sa démission, comme n’importe qui l’aurait fait à sa place, il s’est accroché pour mieux prépare sa succession, pour des raisons que l’on comprendra mieux après le vote de mardi.
De ce fait la FIA s’est trouvée complètement discréditée, et la perte totale de crédibilité de son Président a immédiatement rejailli sur l’institution.

Max Mosley est en effet actuellement complètement isolé sur la scène internationale : « persona non grata » sur tous les terrains d’activité, banni de tous les cercles officiels et surtout mis à l’écart par tous les dirigeants politiques internationaux, il ne peut plus représenter la FIA.

Comme le répètent ces derniers jours les représentants des plus grands Clubs et Fédérations du Monde !!!

Et ce vote de confiance ne peut non plus lui redonner une virginité.

Ce qui s’est passé, rien ne pourra l’effacer, et personne ne pourra se comporter comme de si rien n’était. La capacité de travail, de contacts et de négociations du Président est aujourd’hui dorénavant réduite à néant.

Mais la grande victime de cette situation est la FIA elle-même.

L’aveuglement et la servilité de 103 de ses dirigeants l’ont plongé dans une crise qui va amener sa destruction.

C’est  malheureusement hélas inéluctable, et ce la a déjà commencé.

 

PREMIERES REACTIONS

 

Tout d’abord les grands clubs membres de la FIA, signataires de l’appel des 24 ont déjà fait savoir qu’ils allaient se mettre en retrait de la FIA, comme l’ADAC (20 millions de membres et plus grand club européen).

L’AAA (USA, 50 millions de membres) annonçant quant à lui son probable départ de l’institution.

La réaction de nombreux autres dirigeants montre que ces clubs ne seront pas les seuls, et que le démantèlement de la FIA est déjà en cours.

On voit mal comment les grandes Fédérations sportives comme la FFSA (France), ou la JAF (Japon) pourraient soutenir le Président après avoir exigé son départ.

Ainsi le jeune et courageux Président de la FFSA Nicolas Deschaux ne déclarait t’il pas à sa sortie de séance mardi :

«  Moi, j’ai une moralité.. »

Propos qui en disent long sur son état d’esprit !

Et ces Fédérations sportives qui ont déjà pris ouvertement position sont loin, très loin d’être les seules.

 
Mais c’est vers les milieux sportifs et industriels qu’aujourd’hui les regards se tournent :

Luca di Montezemolo, le tout puissant Président de FIAT et de l’équivalent du MEDEF italien vient de demander à  Max Mosley de partir, malgré le vote intervenu mardi :

 « Je pense qu’il devrait réaliser que, parfois dans la vie il est nécessaire de se dire qu’il faut partir pour des raisons de crédibilité »

Les grands constructeurs (Mercedes – Toyota – Honda – BMW)  entre autres ont également demandé le retrait du Président.

 Ils ont refusé de participer à des réunions portant prévues de longues dates lors du Grand Prix de Monaco.

Quelle va être leur position maintenant ?

Leurs conseils d’administration vont-ils considérer l’affaire comme close ?

Rien n’est moins sur, et la position de Montezemolo présage plutôt du contraire…

Et enfin la Formule Un :

Son grand patron et grand argentier Bernie Ecclestone a pris une position très dure contre le Président de la FIA.

Le grand argentier de la F1 n’a pas changé d’opinion après la décision de mardi : il considère toujours que le Président de la FIA ne peut pas effectuer son travail convenablement.

« Il faudrait que Max parte en novembre »  (date de la prochaine Assemblée de la FIA) vient de déclarer Bernie Ecclestone dans le quotidien Britannique ‘’The Independent’’ :

« Pour moi, la situation est très difficile parce que je dirige un groupe d’entreprises en Formule1 et les équipes comme les constructeurs sont violemment opposés à lui. »

Bernie Ecclestone estime que la présence de Mosley cause une gêne considérable :

 « Ce qui illustre le mieux le problème auquel il pourrait faire face est ce qui vient de se passer lors du récent GP de Monaco. Le Prince Albert a clairement fait comprendre qu’il ne le voulait pas sur la grille, ni dans la loge Princière ni au diner de gala et qu’il ferait tout pour que si Max apparaissait, ils ne puissent pas être vus ensemble ! »

Terrible… propos !
 

Comme on le voit là aussi rien ne peut plus redevenir comme avant.

La réaction des Teams, sponsors, partenaires  et détenteurs du capital est attendue avec intérêt.

Elle ne pourra manquer d’augmenter la pression sur Max Mosley  pour qu’il prenne enfin la seule décision possible, et ce sans délai : démissionner.

Ne serait-ce comme l’a déclaré Luca di Montezemolo que pour conserver 

 « Son Honneur »  et un minimum de crédibilité et surtout de respect !

Car aujourd’hui il est rejeté de partout comme un pestiféré.

Tout le monde a à y gagner, y compris lui-même qui pourra considérer partir

« la tête haute » après le vote –farce de mardi dernier.

Comment une grande instance internationale comme la FIA peut-elle encore sérieusement être dirigée par quelqu’un qui est mis au ban du « gotha automobile » international, et qui doit dorénavant, de son propre aveu, se cacher ?

Gilles Gaignault

Sport

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