L a FIA condamnée à mort !

LA FIA CONDAMNEE A MORT
 

Le vote intervenu mardi dernier au cours de l’Assemblée Générale extraordinaire de la FIA a sonné l’arrêt de mort de la FIA.

Rappelons les faits:

Empêtré dans un scandale sexuel dont tous les médias du monde se sont fait l’écho, Max Mosley, Président de la FIA, au lieu de démissionner sans conditions et sans délais comme l’aurait fait n’importe quel dirigeant responsable, s’est au contraire accroché à son fauteuil et a sollicité un vote de confiance de la part d’une « Assemblée Générale extraordinaire » réunie tout spécialement à Paris.

103 voix -représentant de petites nations- lui ont accordé cette confiance, contre 55 – qui émanaient-elles des grands pays industriels et représentatifs du monde de l’automobile -demandant son départ immédiat.

Cette décision ne met cependant pas un terme à l’affaire, bien au contraire, et ses conséquences sont dramatiques pour l’institution.
 
En effet, Max Mosley s’est trompé de combat.

Il a souhaité obtenir la confiance pour sauver son poste, au mépris de l’intérêt général.

 

Ce vote ne lui redonne aucune virginité, n’efface rien du scandale, et ne fera pas que les responsables politiques qui l’ont mis au ban de toute activité internationale vont lui serrer la main demain matin. (Persona non grata partout ou il se rend).

Par contre le scandale a maintenant été "homologué" par la FIA, contre tout sens moral. Le Président est totalement discrédité, mais il a maintenant entraîné l’institution dans son discrédit et dans sa chute.
 
Système onusien
 
La FIA est gérée selon un principe général de deux voix par pays membre, l’une allant aux Fédérations nationales responsables des activités sportives, l’autre partagée entre les Clubs à vocation touristique.

Ce système ne fait aucune différence entre les pays à forte activité, comme par exemple les pays européens, et ceux à activité peu développée, voire inexistante, dans les deux domaines du sport et du tourisme.

On peut donc clairement pressentir les conséquences d’un vote global dans de telles conditions. Mais il faut aussi compter avec le "système", qui fait voyager les délégués gratuitement plusieurs fois par ans à Paris, et qui explique les motivations, donc le déséquilibre potentiel d’un vote. 

De plus ce "système" mis en place par le Président réserve des "missions" diverses aux plus proche d’entre eux. On peut penser que ceci vaut bien une certaine reconnaissance…

Et cela favorise aussi le lobbying !

Avant la réunion de la semaine dernière, un émissaire proche du Président et ancien pilote de rallyes a contacté tous les pays du golfe et tous les pays africains, Maghreb y compris, se vantant d’apporter "plus de 40 voix " au Président.

Il se dit aussi que les cotisations en retard de certains de ces pays auraient été              « miraculeusement » mises à jour pour permettre leur vote.

C’est en plus une réalité:

Le vote de mardi dernier a été obtenu par cet apport massif de voix, venant de pays dont on peut dire qu’ils ne sont pas forcément ceux ayant la plus forte activité de la Fédération.


 
Ecclestone sommé de s’excuser
 
Pour l’avoir déclaré lors d’un interview donné à la suite de l’Assemblée Générale, Bernie Ecclestone, le grand patron de la Formule Un, s’est vu violement pris à partie par le directeur général de l’Automobile Association du Kenya, un certain D.N. Djorogue, qui le somme de s’excuser.

On ne manquera pas de comparer l’importance des deux protagonistes dans le sport automobile mondial, mais plus sérieusement ceci illustre s’il le fallait le profond malaise découlant du vote, qui entraine inéluctablement la FIA vers sa fin programmée
 
Effets dévastateurs
 
Ce vote a en effet de nombreuses conséquences perverses

Les grands Clubs et les grandes Fédérations sportives de la FIA, comme la Japan Automobile Fédération ou en France la FFSA se sentent légitimement flouées, et ce concernant des principes non négociables, ceux de la moralité la plus élémentaire.

Les regards se tournent vers les "petits" pays, qui ont permis ce résultat.

Il y a donc dorénavant clairement deux clans en présence à la FIA, défendant des intérêts opposés.

Mais il y a pire:

Le Conseil Mondial de la Mobilité, l’une des deux instances dirigeantes de la Fédération avec le Conseil Mondial du Sport Automobile avait demandé la démission du Président à l’unanimité.

Cet avis a été complètement ignoré par l’Assemblée Générale, posant par là même la question de l’utilité de cette instance, en plus de la question dorénavant légitime de la représentativité des membres composant l’institution.

 

En fait c’est tout l’édifice patiemment mis en place depuis 104 ans qui est menacé de mort. 
 
L’institution décrédibilisée et déstabilisée
 
Les réactions sont en effet de plus en plus nombreuses devant ce vote ayant privilégié les intérêts personnels au détriment de l’intérêt général.

Elles émanent surtout de personnalités ou d’institutions occupant des positions majeures dans les domaines économiques, industriels, sportifs ou touristiques.

Rappelons tout d’abord la position de nombreux grands clubs de la FIA, et tout particulièrement l’AAA américain (50 millions de membres) et l’ADAC allemand (20 millions de membres), qui s’est immédiatement mis en retrait de la FIA, et qui étudient la mise en place d’une «  TOUTE NOUVELLE » structure parallèle répondant aux mêmes objectifs.

Les risques de scission se profilent donc à très court terme.

Mais les choses bougent aussi du coté des partenaires de la FIA.

Nous croyons savoir qu’une réunion des Teams de Formule Un aura lieu ce week-end à Montréal dans le cadre du Grand Prix du Canada afin de déterminer les actions à mener pour sauver l’image de la vitrine du sport automobile, très affectée par ce scandale.

Rappelons que Bernie Ecclestone a demandé à maintes reprises la démission de Mosley, et que cette prise de position a trouvé un renfort de poids en la personne de Luca Di Montezemolo, grand patron de FIAT et donc de… Ferrari.

On connait par ailleurs la position des grands constructeurs impliqués dans la Formule Un ( BMW-Mercedes-Honda-Toyota), qui ont été les premiers à exiger le départ du Président de la FIA, et qui ont refusé de participer à une réunion pourtant programmée de longue date à Monaco. 

Il se murmure enfin que l’un de ces grands constructeurs pourrait purement et simplement repenser sa participation au Championnat du Monde compte tenu de la situation actuelle.  
 
Démission immédiate
 
Plus que jamais la fin annoncée de la FIA est proche.

Plus que jamais une action de choc s’impose pour sauver l’institution.

Une seule solution s’impose :

La démission immédiate du Président Mosley.

Gilles Gaignault
 

Sport

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