In Mémorium La FIA : 1904 – 2008

              1904-2008
 
 
En remportant un vote de confiance devant l’Assemblée Générale de la FIA, réunie ce jour à Paris, par 103 voix contre 55, 7 abstentions et 4 votes nuls, Max Mosley, le Président de la FIA, vient de mettre un terme à un feuilleton déclenché par sa compromission dans un scandale sexuel il y a deux mois. Mais par cette victoire il vient de signer l’arrêt de mort de la FIA.
 
Retour sur les événements

Il y a deux mois les medias du monde entier étalaient le spectacle d’une orgie commanditée par le Président de la FIA à laquelle il participait en compagnie de cinq prostituées. Là où n’importe quel responsable digne de ce nom aurait immédiatement démissionné, tant pour sauvegarder son honneur que celui de la vénérable institution qu’il avait la charge de présider, Max Mosley s’est accroché contre vents et marées à son fauteuil, plongeant la fédération dans un chaos sans précédent en 104 ans d’existence.
 
Devant l’ampleur du scandale, le Président s’est retrouvé dans l’incapacité d’exercer ses fonctions, ayant perdu toute crédibilité, et s’étant retrouvé interdit de territoire là où se déroulaient toutes les épreuves automobiles importantes.
 
Unanimité des grandes voix de l’automobile
 
Parmi les partenaires de la FIA, nombreux ont été ceux qui se sont fait entendre pour demander au Président de s’en aller afin de mettre au plus vite un terme à cette intenable situation et ses conséquences dramatiques sur le sport automobile en particulier.

 

C’est ainsi que de nombreux pilotes de renom, dont l’ancien Champion du Monde Sir Jackie Stewart, les grands constructeurs automobiles, notamment Toyota, Honda, Mercedes, BMW, se sont manifestés en ce sens, tandis que de très nombreux Grands clubs de la FIA représentant plus de 100 millions de sociétaires ou licenciés se mobilisaient et signaient une lettre commune appelant à sa démission.

Parmi ceux-ci l‘AAA (USA, 50 millions de membres), l’ADAC (Allemagne, 20 millions de membres), la JAF (Japan Automobile Fédération), auxquels il convient d’ajouter d’autres grands clubs européens comme l‘ACI en Italie ou le RAC en Angleterre.

Mais la prise de position la plus marquante a été ces derniers jours celle de Bernard Ecclestone "patron et grand argentier de la Formule Un" qui, au nom des principales parties prenantes du Championnat du Monde de Formule Un, mettait Mosley devant ses responsabilités en lui demandant à son tour de partir.
 
Vote catastrophe
 
La FIA fonctionnant selon « le système onusien » ne faisant aucune part à l’activité réelle de ses clubs membres, Mosley a donc dépensé des trésors d’énergie à convaincre nombre de petits pays à activité réduite, plus éloignés des conséquences directes du scandale et surtout plus "sensibles à certains arguments" de voter son maintien, scindant la FIA en deux parties dorénavant irréconciliables, les membres les plus importants ayant appelé à sa démission et les petits pays « choyés  » par l’impétrant l’ayant eux au contraire soutenu !

Parmi ceux qui ont pris sa défense devant l’Assemblée Générale de la FIA ce mardi on retiendra le représentant du Paraguay, qui avait pourtant voté avec le Conseil Mondial de la mobilité pour lui demander de partir, les représentants de la Nouvelle Zélande, de l’Islande et de l’Ouganda, ainsi que des Emirats.

Parmi ceux qui au contraire, à l’instar de Bernie Ecclestone sont intervenus à la tribune  pour lui demander sa démission, on compte les représentants des grands clubs FIA comme l’AAA (USA) l’ADAC (Allemagne), la FFSA dont le jeune Président Nicolas Deschaux s’est publiquement opposé au Président , etc.

Consommant ainsi la rupture dont la FIA ne se relèvera pas. 

Schizophrénie
 
Les conséquences de ce vote vont être dramatiques.

Que peut-il en effet se passer maintenant?

Deux choses sont claires:

Le vote intervenu ne redonne aucune virginité à Max  Mosley. Il ne retrouvera pas sa crédibilité, et continuera de fait à ne pas pouvoir assurer ses fonctions.

Le scandale est réel et sa nature même interdira la FIA à bon nombre de club membres et à ses plus grands clubs tant que Mosley en sera le président.

Ils n’auront d’autre choix que de se regrouper au sein d’un nouvel organisme de nature identique à celui qu’ils formaient avant de fusionner avec la FIA.

Mais il y a de plus des fédérations sportives, et non des moindres qui ne pourront aussi que suivre le mouvement, et cela concerne la plupart des grandes fédérations européennes, qui avaient également fait connaître leur opposition au maintient en fonctions du Président.

Quant aux principaux championnats de la FIA, Formule Un, Rallyes, Voitures de Tourisme, voire le Karting qui s’adresse tout spécialement aux jeunes, il serait étonnant que leurs dirigeants et commanditaires puissent s’accommoder d’une telle situation et faire comme si rien ne s’était passé.

Cette situation étant irréversible, il est évident que la FIA comme l’ont laissés entendre les grands Clubs et autres Fédérations est maintenant condamnée à se voir remplacer très rapidement par une nouvelle structure qui offrira quant à elle toutes les garanties de compétence, de sérieux et de moralité.
 
Les jours et les semaines qui viennent ne vont pas manquer d’être passionnantes…

«  L’affaire Mosley  » est loin d’être terminée !!!

Gilles Gaignault

 
 

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