Affaire Mosley : Lame de fond des Clubs FIA

 

 
Comme nous l’avions laissé entendre depuis plusieurs jours, les grands clubs de la FIA se mobilisent pour demander le départ immédiat du président de la FIA
 
Le scandale sexuel dans lequel est empêtré le président de la FIA continue à susciter de très nombreuses réactions à quelques jours de l’Assemblée Générale extraordinaire qu’il a convoqué pour le 3 juin à Paris, au cours de laquelle il cherchera à obtenir un vote de confiance pour conserver son mandat. 
 
Devant son obstination à ne pas vouloir comprendre l’importance et les implications du séisme provoqué par ses frasques, dont le retentissement est mondial, les réactions se multiplient pour demander sa démission immédiate, seule solution pour dénouer la crise et éviter la destruction de la FIA.

Comme nous l’annoncions hier, les grands clubs de la FIA ont publiquement fait connaître leur position dans une lettre parue ce jour, à destination de tous les clubs membres de la fédération, qu’ils soient à vocation sportive ou touristique, et dont nous nous sommes procuré une copie (voir en annexe).
 
Vingt quatre des plus grands clubs de la FIA, dont deux des plus importantes fédérations sportives, la Japan Automobile Fédération, et en particulier la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA), représentant au total plus de 100 millions de sociétaires sur tous les continents, soit 86% du total des membres de la FIA, analysent dans cette missive les conséquences de la position du Président de la FIA.
 
 

L’aveuglement du président Mosley

 

La position des clubs signataires

 

 C’est ce que soulignent les principaux clubs de la FIA dans leur lettre, en insistant sur le fait que l’engagement à ne pas se représenter à la fin statutaire de son mandat actuel pour ménager une transition « ordonnée » ne conduirait qu’à une aggravation de la situation, compte tenu du caractère même du scandale frappant l’institution, et des dommages qu’elle continue à subir au quotidien en termes d’image et de crédibilité. La FIA possède en elle-même les ressources nécessaires à sa renaissance, sans avoir besoin d’une quelconque transition qui aurait pour but l’installation à sa présidence du dernier nom sorti du chapeau, comme tous ceux que l’on cite les uns après les autres depuis des mois et des années. 

 

Ils déplorent tout particulièrement le refus méprisant opposé à la demande du Conseil Mondial de la Mobilité et de l’Automobile, l’une des deux instances dirigeantes de la FIA avec le Conseil Mondial du Sport Automobile, qui s’est prononcé à l’unanimité pour sa démission immédiate. Rappelons que ce Conseil est présidé par M. Franco Lucchesi, président de l’Automobile Club d’Italie, l’une des plus puissantes organisations européennes, et comprend des membres de trois pays d’Amérique latine dont les voix se rajoutent donc de fait à la liste des signataires.

 

Enfin, plus pernicieux encore est le discours du Président tentant d’opposer petits et grands clubs. S’il est vrai que tous les membres n’ont pas la même activité à l’intérieur de l’institution, il n’en demeure pas moins que la FIA constitue depuis 104 ans une grande famille à laquelle ils sont tous individuellement fiers d’appartenir. Tenter d’introduire une forme de discrimination, voire d’opposition entre les grandes formations et les petites qu’il cherche à mobiliser pour sa défense ne peut que conduire la FIA au chaos. Cela illustre effectivement le gouffre qui sépare sa vision de la réalité des choses, et le manque total de considération et de respect qu’il a à l’égard de ses administrés.

 

Une seule conclusion s’impose…

 

Quelle que soit la prudence affichée par certains clubs membres et certains partenaires de la FIA, la conclusion est toujours la même : Mosley doit démissionner immédiatement pour éviter d’aggraver encore l’incroyable préjudice que subit la FIA depuis maintenant près de deux mois. La fin de la crise est à ce prix. La reconstruction de la FIA au lendemain du 3 juin aussi. Contrairement à ce qu’il pouvait espérer, loin de retomber, le scandale continue à susciter quotidiennement de multiples réactions, comme celle par exemple de Bernie Ecclestone, réaffirmant sa loyauté à la FIA quoi qu’il se passe le 3 juin, en se disant prêt à travailler avec un Président crédible et respecté…

 

La crise a atteint son paroxysme. Il n’y a aucune possibilité de retour en arrière. La FIA est en danger de mort. Une seule conclusion s’impose : Mosley doit démissionner sans délais. 

Gilles Gaignault

 

PJ : La lettre adressée ce vendredi par les plus grands clubs à Max Mosley

Monsieur le Président,

Nous soussignés, en représentation plus de 100 millions de conducteurs, et 86% du total des membres de la FIA, faisons référence à votre courrier du 16 mai et, en général, à la situation extrêmement délicate qui affecte la FIA après la révélation, à travers de la presse, de votre implication dans les lamentables faits du 28 mars.

Nous désirons exprimer les points suivants :

1Nous lamentons profondément votre refus d’accepter la proposition présentée par les membres du Conseil Mondial de la Mobilité Automobile et Tourisme pour arriver à un accord et pour que vous présentiez votre démission devant l’Assemblée Générale en novembre prochain. Il s’agit d’un effort constructif destiné à faciliter une transition ordonnée dans la FIA et pour trouver une solution à la crise actuelle.

En revanche, votre intention de conserver votre poste jusqu’à la fin de votre mandat en 2009, malgré les sérieux torts que vous causez à la FIA, pourrait impliquer de faire passer des considérations personnelles avant les intérêts de la FIA et de ses clubs membres.

2. Nous réaffirmons notre engagement avec la FIA et de continuer à travailler pour renforcer son rôle comme institution leader au monde dans le domaine de la mobilité et du sport. Nous croyons fermement qu’une FIA forte profitera à tous nos clubs et à leurs membres.
C’est pourquoi nous rejetons l’argument que vous incluez dans votre lettre en rapport avec la divergence d’intérêts entre grands clubs et petits clubs au sein de la FIA. En effet, cet argument démontre peu d’estime pour la FIA puisqu’il prétend créer une division qui heureusement n’existe pas.

3 Nous prenons note de la lettre envoyée par Bernard Ecclestone à tous les clubs membres, déclarant son appui à la FIA comme seul pouvoir sportif international réglementant le sport automobile et son désir de continuer à travailler avec la FIA, indépendamment du résultat de l’Assemblée Générale Extraordinaire du 3 juin.

Nous croyons que ses explications offrent une perspective correcte de la situation dans laquelle se trouvent les relations entre la FIA et le monde de la Formule Un, en retirant l’importance de bon nombre d’arguments que vous incluez dans votre lettre pour justifier la conservation de vos fonctions.

Nous prenons note de l’argument de M. Ecclestone au sujet de l’importante nécessité pour la FIA d’avoir à sa tête un Président crédible et respecté.

Nous sommes convaincus que l’unique issue respectable pour la FIA et pour vous-même est une transition ordonnée, avec un accord immédiat et votre engagement de démissionner.

La FIA est dans une situation critique.

Son image, sa réputation et sa crédibilité sont sérieusement diminuées.

Chaque jour supplémentaire dans cette situation ne fait qu’amplifier le dommage causé.

Cela est sans retour.

La liste des clubs signataires :

AAA (Australie) – ANWB (Hollande) – JAA (Jamaïque) – NAF (Norvège) –
AAA (USA) – CAA (Canada) – JAF (Japon)  – OEAMTC (Autriche) –
AAS (Singapore) – CCB (Brésil) – KNAC (Netherlands) – RACC (Espagne) –
AATA (USA) – FDM (Denmark) – M (Sweden) – RACE (Spain) –
ADAC (Germany) – FFSA (France) – MAK (Hongrie) – TCB (Belgique)
AL (Finlande) – FIAA (Inde) – MEMSI (Israël) – TCS (Suisse)

Affaire Mosley 

Notre site www.gentlemendrivers-mag.net à l’honneur

Depuis plusieurs jours de grands sites étrangers (Angleterre-Suisse-Allemagne-Italie-Luxembourg) reprennent régulièrement nos informations  confirmant ainsi les bons renseignements et nos bonnes sources. Et parmi eux l’un des plus sérieux et côtés en Grande Bretagne. Voir le lien ci-dessous :

http://www.grandprix.com/ns/ns20407.html

 
Le président est resté sourd aux demandes de démission venues de toutes part depuis l’éclatement du scandale il y a bientôt deux mois, s’obstinant à considérer qu’il s’agit d’une affaire strictement privée qui ne  remet pas en cause sa capacité à gouverner la FIA. C’est malheureusement une mauvaise analyse, et un mauvais calcul. Mauvaise analyse, parce qu’un événement ayant suscité une telle couverture médiatique ne peut être considéré comme privé, de par la nature même des fonctions qu’il occupe, et mauvais calcul, parce que le fait qu’il soit considéré comme « persona non grata » sur tous les circuits et sites où il se passe quelque chose, en particulier en ce qui concerne la Formule Un, ainsi que le fait que les interlocuteurs principaux de la FIA s’abstiennent désormais d’assister aux réunions qu’il préside, comme cela vient de se produire pour les grands constructeurs à Monaco,  montre à l’évidence qu’il ne peut plus mener à bien aucune négociation sérieuse. De plus, le fait de s’accrocher à son fauteuil et prétendre ignorer cette réalité ne manque pas d’avoir chaque jour des conséquences de plus en plus désastreuses sur l’image et la crédibilité de la FIA, qui affectent l’ensemble de ses membres. Cette situation ne peut que profiter en particulier à tous ceux qui cherchent à affaiblir l’institution afin de mieux faire prospérer leurs intérêts particuliers. Il est clair que son attitude consistant à défendre ses intérêts personnels contre vents et marées va clairement à l’encontre des intérêts de la FIA.

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