Max Mosley rompt enfin le silence …

 

 

Malmené depuis l’annonce il y a quelques semaines par le grand quotidien tabloïd Anglais  « News of the World  »  de sa participation à un scandale sexuel – en compagnie de cinq prostituées dans  »un clac » de Chelsea à Londres – lequel pourrait avoir une connotation nazi, Max Mosley le Président de la FIA  après des semaines de silence…. est enfin sorti de son mutisme.

Il a envoyé il y a quarante huit heures le vendredi 16 Mai « une lettre fleuve  » * à tous les membres de la Fédération Internationale. Et ce, à moins de trois semaines du vote de confiance à bulletin secret qu’il a programmé lors d’une Assemblée Générale Extraordinaire prévue le mardi 3 juin prochain au siège de la FIA, 8 Place de la Concorde à Paris

Nous nous sommes procuré cette missive adressée en trois langues (Français-Anglais-Espagnol)

Max Mosley a donc enfin  décidé de parler et il a adressé cette « lettre d’explications» aux Présidents de toutes les organisations affiliées à la FIA, et à tous les votants du 3 juin prochain.

La lecture de ce courrier montre immédiatement que son seul but est de faire diversion afin de conserver le pouvoir à tout prix, en rappelant les réalisations de ses précédents mandats et les travaux en cours afin de se positionner comme l’élément incontournable de la FIA, sans lequel celle-ci ne saurait survivre.

 

Le problème c’est que si la FIA est effectivement au bord du chaos aujourd’hui, cela est dû uniquement à sa propre conduite, et le seul moyen d’éviter ce drame et de préserver 104 ans de patrimoine est qu’il présente sa démission, de toute manière  inéluctable compte tenu de la réalité de la situation, comme nous allons le voir.

Tout d’abord une grande note de mégalomanie, puisque « personne ne serait en mesure de prendre la présidence de la FIA ».

Les candidats potentiels apprécieront, mais surtout la démonstration sur la base des statuts laisse perplexe, puisque qu’il est lui-même l’auteur des changements qui ont suscité une opposition interne sans précédent qui continue encore à ce jour, comme son courrier le rappelle d’ailleurs.  

L’une des raisons en serait les négociations en cours, en particulier au niveau de la Formule Un. La renégociation de l’accord commercial de 100 ans sera une surprise opportune pour beaucoup, mais si cette renégociation s’impose, il conviendra de rappeler que la négociation de base était l’œuvre du Président, qui l’avait présentée comme une chance inégalée et une opportunité à ne pas manquer. Il est clair que les chiffres annoncés ont toujours paru très inférieurs à ce à quoi la FIA pouvait s’attendre, et il est curieux de constater que c’est précisément maintenant que le président s’en serait aperçu… Même chose pour la question de l’accord commercial en Rallyes qui attend depuis de nombreuses années.  

 

De même personne ne serait en mesure «  de protéger le patrimoine  » de la FIA.

On peut bien entendu se demander à quoi peuvent servir les Présidents Délégués et les responsables des associations et clubs membres, mais la vraie question n’est-elle pas plutôt de savoir qui met « ce patrimoine » en danger ? 

 

Plus surprenante encore est l’allusion aux grands constructeurs : comment le Président peut-il sérieusement penser pouvoir continuer à négocier quoi que ce soit avec eux alors que la majorité d’entre eux –et les plus importants- (BMW-Mercedes-Honda et Toyota) lui ont clairement demandé de partir ?

Faut-il rappeler que lors, d’une récente apparition en catimini sur le terrain, des consignes formelles ont été données par les états majors à leurs personnels pour ne pas se faire voir en sa présence ?

Et que cela vaut aussi pour le Grand Prix de Monaco où il a annoncé sa présence, mettant tout le monde dans l’embarras ?

Comment peut-on tout simplement imaginer une Fédération de l’importance de la FIA dont le Président ne serait pas présent sur le terrain ? 

Il conviendra de remarquer aussi que le chapitre consacré aux grands clubs procède de la même inversion de la réalité. L’une des réalisations majeures du Président est effectivement la fusion de l’AIT, qui regroupait tous les grands clubs à vocation touristique, et de la FIA.

Mais là encore l’explication donnée n’est « qu’un écran de fumée  » pour cacher une réalité fort simple : c’est devant l’ampleur du scandale et par respect pour leurs membres que les grands clubs n’ont d’autre choix que d’envisager de quitter la FIA au cas le Président se maintiendrait.

L’analyse de cette lettre fleuve ne trompe donc pas : inverser la réalité, nier l’évidence en la cachant derrière un gigantesque écran de fumée, proposer une période de « transition sans heurts », voilà la stratégie mise en place, au détriment de la simple réalité que le Président a perdu toute crédibilité, et que la FIA est aujourd’hui en danger de mort de par son seul fait.

Une telle transition ne ferait qu’aggraver les choses…

La réalité est aussi qu’il existe un potentiel humain compétent et intègre, respectueux des valeurs prônées par les statuts et exigées par tous, et qu’une fois de plus la conclusion qui s’impose est que le Président Mosley prenne enfin en compte l’étendue des dégâts qu’il a provoqués, et qu’il démissionne, tout simplement. 

Gilles Gaignault

FIA

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