Disparition de Jean Marie Balestre

Jean Marie Balestre est décédé le 26 mars à la clinique du Val d’Or à St Cloud en Région Parisienne, où il avait été transféré récemment après avoir été hospitalisé  courant janvier à l’hôpital Américain de Neuilly.

Jean-Marie Balestre, né le 9 avril 1921 à Saint-Rémy-de-Provence, était un ancien dirigeant sportif Français, qui fut notamment Président de la Fédération Internationale du Sport Automobile mais aussi de la Fédération Française de longues années durant.

Un passé tumultueux sujet à caution…

Jean Marie Balestre  a toujours nié. Mais son passé était considéré par certains comme tumultueux, nébuleux et sujet à caution…

On l’accuse d’avoir été  membre des « Jeunes du Maréchal » puis dirigeant avec Robert Hersant du  « Jeune Front », une organisation d’extrême droite. Il se murmurait qu’il s’était engagé en 1942 dans la « NSKK » (Nationalsozialistische Kraftfahrkorps, ou unité nazie des forces motorisées) puis dans la Waffen SS française (17 mai 1943). Et qu’il avait participé au lancement le 18 Novembre 1942 du Journal « Jeune Force de France »  collaborant également  à la revue « Devenir ».

Après la guerre, pourtant jamais inquiété, il obtiendra en 1954 la carte de déporté et sera même fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 1979 ! Il est nommé dans l’ordre national du Mérite en 1990.

C’est Claude le Guezec l’ancien directeur sportif de la grande équipe Matra et qui collabora longtemps également à la CSI laquelle devint par la suite la FISA qui avec Serge Klarsfeld dévoilera le passé de JMB dans les années 80.

 La carrière de journaliste

JMB a commencé en 1937 au journal  « L’auto » qui deviendra après la seconde guerre mondiale le célèbre quotidien «  L’Equipe » sa carrière comme journaliste avec son ami Robert Hersant. Ensemble, ils créent ensuite début 1950 le fameux magazine « L’Auto Journal ».

 Le dirigeant de fédérations automobiles

Passionné d’automobiles, Jean-Marie Balestre va  créer la fédération de karting. Dés le 29 février 1960, une commission autonome régissant le karting est créé au sein de la FFSA. Le Comité National du Karting, présidé par Jean-Marie Balestre,  qui ensuite prendra l’appellation de GNK – groupement national du karting – vient de naître. Laquelle va lui servir ensuite de tremplin pour accéder des 1968 au poste de secrétaire général de la FFSA (Fédération Française de Sport Automobile), puis quatre ans plus tard il accède à la Présidence, succédant à un pharmacien dijonnais…

Par la suite, il intègre, aux côtés du Président le Belge Pierre Ugueux, la CSI (Commission Sportive Internationale), à laquelle il donnera une véritable dimension internationale en 1979, pour devenir la FISA (Fédération Internationale du Sport Automobile), dont il prendra la présidence, avant de succéder en 1985 au Prince Paul Alfons Von Metternich à celle de la Fédération Internationale de l’Automobile, qui chapeaute la FISA. Jean-Marie Balestre cumulera de nombreuses années les deux présidences.

Mieux même, puisqu’il occupera simultanément la présidence de la FFSA. L’homme aux trois couronnes dominera le sport automobile de longues années durant. Entouré d’une petite équipe soudée aux postes clés, aussi bien à la FISA (Yvon Léon, Gabriele Cadringher, Gilles Gaignault) qu’à la FFSA (Francis Murac, Roger Senaillac). De longues, très longues années durant, il régnera en despote sur le sport automobile mondial.

Le défenseur des pilotes – La guerre FISA-FOCA

Jean Marie Balestre restera célèbre pour s’être opposé aux constructeurs et aux équipes britanniques de F1, regroupées au sein d’une redoutable association, la FOCA (Formula One Constructors Association), menée de main de maître par le réputé Bernard Ecclestone, dit « Bernie », lui-même patron de la prestigieuse équipe Brabham.

Jean-Marie Balestre mènera avec acharnement le combat pour la sécurité des pilotes contre les constructeurs notamment concernant les voitures dites «  wings-cars «  car à effet de sol.

Lesquels pilotes emmenés par Nelson Piquet – Niki Lauda – Alain Prost et les regrettés Didier Pironi et Gilles Villeneuve  le soutiendront constamment dans son difficile combat avec leurs patrons.

Notamment en 1980 lors du fameux bras de fer FISA-FOCA opposant la FISA (soutenue par Enzo Ferrari) à la FOCA qui se terminera par les non moins célèbres accords dit de  » la Concorde « , en référence au siège de la FISA installé dans les locaux de l’ACF (Automobile Club de France) situés Place de la Concorde à Paris.

Jean-Marie Balestre interdira en Formule 1, les fameuses « wings-cars » (voitures à effet de sol) et ce après l’accident mortel qui coûtera la vie au pilote clermontois Patrick Depailler, mort lors d’une séance d’essais le 1er août 1980 au volant de son Alfa Roméo sur le circuit allemand d’Hockenheim après que les jupes mobiles de son bolide se soient bloquées à haute vitesse.

En  janvier 1982, il mènera une autre bataille contre les pilotes cette fois et concernant l’attribution de la Super licence «  sésame » indispensable pour piloter en Grand Prix. Un «  clash «  éclate à la veille du premier Grand Prix  celui d’Afrique du Sud à Kyalami. Les pilotes refusant de signer le document de la FIA se serrent tous les coudes et se retranchent au Sunnyside Park Hôtel de Johannesburg pour éviter que certains d’entre eux subissent les pressions des Teams-managers courroucés par cette attitude. Néanmoins Lauda et Pironi parviendront à négocier un accord qui au final conviendra et satisfera les deux parties.

Quelques années plus tard, JMB ressortira «  sa «  célèbre hache de guerre lorsqu’il bannira les « F1 de la route », les redoutables groupe B des rallyes telle que la 205 turbo 16  de Peugeot. Et ce après un autre terrible accident mortel survenu à l’équipage de l’équipe Lancia et composé du Finlandais Henri Toivonen et de son co-pilote l’Italien Sergio Cresto, tous deux morts brûlés vifs sur les routes du Tour de Corse du côté de Corte en mai 1986.

Ses prises de position et ses altercations avec Jean Todt, lequel dirigeait à l’époque l’équipe française Peugeot Talbot Sport, et que le Président Balestre nommait « le Napoléon des sables »  à cause de ses participations à la tête de la firme Sochalienne au fameux Rallye Paris-Dakar sont restées célèbres !

L’abandon progressif de ses fonctions

En octobre 1991 et après 26 ans de règne et alors qu’il vient de fêter ses 70 ans, il perd à la surprise générale son poste de Président de la FISA à la suite d’un vote (43 voix contre 29) à la faveur d’un jeune avocat anglais aux dents longues, un certain Max Mosley. Lequel, après avoir lui-même piloté en compétition en F3 et F2 et aussi participé à la création de la firme de monoplaces March, conseille depuis des années les équipes britanniques de Grands Prix (FOCA) et son puissant leader Bernie Ecclestone propriétaire de Brabham.

Mosley prendra également rapidement  la Présidence de la FIA en 1993.

Côté français, là aussi atteint par l’âge, il décide de se retirer en décembre 1996 et cède son fauteuil au nîmois Jacques Régis, un ancien organisateur de courses (Tour Méditerranéen – Critérium des Garrigues).

Retraite paisible

Depuis, Jean Marie Balestre vivait une retraite paisible retiré du monde automobile, bien qu’il conserve le titre de Président d’honneur de la FIA, entre ses deux résidences de Saint-Cloud dans la banlieue ouest de Paris et sa résidence de Peyre Grosse à Opio au dessus de Cannes. Qu’il avait acquise en 1946.

Il arrivait encore parfois qu’on le croise lors du Grand Prix de Monaco, où il se rendait à l’invitation de l’organisateur, l’avocat monégasque Michel Boeri, lequel fut longtemps son Vice-président à la FISA et à la FIA.

Jean Marie Balestre était marié depuis plus d’un demi-siècle avec Jeannine.

Laquelle avait deux enfants d’un premier mariage. Et deux petites filles. Dont Aurore que le défunt Président adorait.

 

Gilles Gaignault

PS : Ses obséques conformément à la volonté de sa famille se sont déroulées dans la plus stricte intimité familiale le mardi 1er avril à Saint Rémy de Provence.

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