André Dessoude pessimiste pour l’avenir du Dakar

La 30ème édition du Dakar devait être une fête, celle de la plus mythique des courses de rallye raid. Mais la fête a tourné court à Lisbonne.

 Assommés, comme tous ceux qui se trouvaient là, les membres du Team Dessoude affichaient une réelle tristesse et une profonde déception. Les neuf équipages du Team Dessoude n’ont pas pris tout de suite la mesure de ce qui leur était annoncé, tout comme André Dessoude. Mais quelques heures après cette mauvaise nouvelle c’est un profond sentiment de déception qui s’installe et de profondes questions qui se posent.

Pour André Dessoude, le futur de la discipline s’assombrit :

« Si des raisons de sécurité sont en jeu, la décision d’annuler l’épreuve est sage. Pour moi et mon équipe, emmener 60 personnes en Afrique avec des doutes sur leur sécurité, c’est impossible. Il n’est pas envisageable de prendre des risques humains de ce type. Cette annulation tardive est regrettable, mais les organisateurs avaient sans doute leurs raisons. Maintenant, côté financier, le problème va être très difficile à gérer. Nous rentrons tous à Saint-Lô et, à l’atelier, il n’y aura pas de travail… »

Et le boss du Team Nissan-Dessoude, de poursuivre :

«  Pour les clients, nous pouvons envisager de reporter les budgets sur une autre épreuve, mais cette solution n’est pas forcément la meilleure. Il va falloir composer. Même si nous ne sommes pas responsables de ce qui arrive, il faudra dialoguer pour qu’ils comprennent la situation.
 
De notre côté, beaucoup de frais ont déjà été engagés sur le rallye et sont définitivement perdus, comme les prestations d’hébergement ou les commandes de carburant qui ne seront pas remboursées. Les semaines qui s’annoncent seront très difficiles en négociation pour gérer ce qui arrive aujourd’hui.
 »

Mais comment voit t’il, lui concurrent fidèle et habitué du Dakar ?

« Le futur du Dakar semble compromis en Afrique. Je pense qu’ASO devra envisager une autre destination, l’Amérique du Sud par exemple. A mon sens, partir de Lisbonne et arriver à Dakar, c’est malheureusement terminé… »

Alors, que va-t-il se passer ?

« Nous n’avions jamais imaginé un cas de figure pareil. L’annulation du rallye nous tombe brusquement dessus. Plus on réfléchit et plus on découvre des problèmes qui seront très difficiles à résoudre. J’ai une entreprise avec 20 salariés, il va falloir que je trouve une solution. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Toutes les équipes dans ma situation auront comme moi de gros problèmes. Malgré le remboursement des inscriptions, rien ne sera réglé au niveau financier. Je suis inquiet pour l’avenir, celui des structures comme la nôtre, mais aussi celui de la discipline. »

Très marqué, l’ancien Champion du Monde d’endurance moto, Christian Lavieille, l’un des pilotes de l’équipe Nissan-Dessoude, ne cache pas lui non plus, sa déception :

 « J’ai encore beaucoup de mal à croire que nous ne partons plus. C’est un cauchemar, mais il faut revenir à la réalité. Beaucoup d’efforts ont été faits en amont pour la préparation des voitures et les recherches de budget. Les moins touchés économiquement seront les teams officiels car ils ont les reins solides, mais pour les petites équipes qui devront rembourser leurs clients et leurs partenaires c’est une catastrophe qui entraînera la disparition de certains. Mais l’enjeu est de taille car la sécurité de tous est une priorité. »

Et de conclure

« Cette situation est malgré tout très dure à accepter, nous sommes chaos debout et les questions fusent. Si nous décidons de faire la Transorientale – organisée par René Metge et Gilles Martineau – en juin, les partenaires nous suivront-ils ?
J’espère que nous trouverons une solution pour que tout le monde s’y retrouve. Quant au Dakar 2009, qu’en sera t-il ? Quelle sera son image ?
C’est la grosse déception… Nous avions préparé ce Dakar au cours de la saison en participant à la Tunisie et à l’Egypte, et avons beaucoup travaillé sur la voiture. Avec François, nous comptions faire un beau Dakar et la fête est gâchée. Je suis bien conscient qu’il y a ce soir bon nombre de déçus et que je ne suis pas le seul à me lamenter. Le pire est à venir pour tout ce qui est financier. Mais comme on dit dans la vie, il y a plus grave…
Malgré tout, pour le moment, la pilule est difficile à avaler.
»

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