Shell tire un trait sur ses implantations en France

Les actifs de Shell dans l’Hexagone fondent comme neige au soleil. Après avoir déjà entrepris une vaste restructuration de son réseau de distribution, le géant pétrolier britannique vient d’annoncer son intention de vendre ses trois raffineries françaises. Si l’opération devait se concrétiser, le géant anglo-néerlandais verrait son implantation en France réduite à la portion congrue.  Situés respectivement à Berre (Bouches-du-Rhône), Reichstett-Vendenheim (Bas-Rhin) et Petit-Couronne (Seine-Maritime), les trois sites affichent une capacité totale de 300 000 barils par jour.

À comparer avec la capacité globale de Shell en Europe, qui s’élève à 1,5 million de barils par jour (pour 4 millions dans le monde). Autrement dit, ce retrait n’a rien d’anodin, puisque la France pèse pour 20 % dans la capacité de raffinage de Shell sur le Vieux Continent.

Pour la deuxième compagnie pétrolière mondiale, cette volonté de retrait s’explique simplement. Il s’agit, d’une part, de pouvoir investir davantage dans l’exploration production, et d’autre part de rendre la branche aval (raffinage marketing) la plus profitable possible. Or, dans ce domaine, le marché européen est aujourd’hui largement mature

 Alors que les pays émergents offrent plus d’opportunités, comme en témoignent les investissements de Shell en Chine et à Singapour.  Qui peut être intéressé par les raffineries françaises de la deuxième « major » mondiale, dont le prix global pourrait être proche du milliard d’euros au regard de dossiers similaires ? « Tout est ouvert », répond-t-elle.

 Autrement dit, aussi bien des groupes industriels que des fonds d’investissements privés. Seule certitude : la fourniture de produits pétroliers de Shell ne devrait pas en être affectée, puisque le groupe prévoit de conclure des contrats d’approvisionnement avec l’éventuel acquéreur.  La marque veut rester visible

 S’agissant du réseau de distribution, Shell avait indiqué au printemps 2003 vouloir céder sous deux ans près de 600 stations-service sur un total alors de 950. Avec, pour raison essentielle, la concurrence exacerbée des grandes surfaces, qui représentent aujourd’hui près de 58 % des ventes de carburants.

Désormais, Shell ne dispose plus en France que de 369 points de vente. Un point bas qui correspond parfaitement à son objectif initial de rationalisation. De manière générale, pour toutes les « majors », la course à la taille en matière de réseau de distribution est terminée depuis longtemps. Qu’il s’agisse de cessions pures et simples ou d’échanges de points de vente, les compagnies veulent désormais avant tout segmenter leur offre.

 Pour autant, on ne se dirige pas vers la disparition totale des stations-service à l’enseigne des «« majors ».

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